Benalmadena, Espagne

Benalmadena, Espagne
Le 23 septembre 2012

Petit aperçu de la vie à bord …
Les cours du Cned ont commencé début septembre, une quatrième pour Clément, un CM1 pour Mathis et une grande section de maternelle pour Yohan.
Le Cned n’a pas été sollicité pour Yohan, une amie institutrice et la directrice de l’école maternelle de Bègles où il était inscrit ont tôt fait de me conseiller pour la pédagogie et m’ont permis de récupérer des fiches de travail très bien faites. Yohan travaille pas mal en autonomie et je reste auprès de lui lorsque la notion à intégrer est nouvelle. Mathis met du temps à s’y mettre mais se débrouille bien. Clément a bien accroché dans certaines matières, notamment en physique-chimie. Éric veille aux grains pour les matières scientifiques et je l’épaule pour les autres. Les quelques ouvrages à lire dans l’année ont été téléchargés.
Pas toujours évident d’obtenir de la concentration et un silence monacal pendant la classe, il faut se fâcher quelquefois ! Je conçois que l’ambiance bateau prête plutôt à la découverte d’autres horizons qu’à un système scolaire conventionnel, mais il faut faire avec, même si cela pèse parfois.
Nous avons établi un emploi du temps sur 7 jours, pas de répit pour les 3 moussaillons mais un rythme moins lourd que sur 4 ou 5 jours. Les navigations à la journée ou sur plusieurs jours permettent d’avancer ; les escales sont consacrées entièrement à la découverte d’un lieu.
Côté autonomie, le dessalinisateur associé aux moteurs et aux panneaux photovoltaïques sont les vecteurs indispensables. Ma petite machine à laver, encastrée dans le placard de la douche, se révèle bien utile. Les douches sont chaudes, prises grâce à l’eau douce récupérée après fonctionnement du dessalinisateur. L’eau obtenue n’est pas impropre à la consommation mais dénuée de tous minéraux. Sur du long terme, elle pourrait entraîner des carences. À moins de boire en plus un demi- verre d’eau de mer par jour et par personne comme Moitessier ! Nous n’en sommes pas là !
Comme le côté baba cool écolo a ses limites, il faut tout de même avouer qu’on ne peut pas se passer de gasoil et que le moteur tourne pour recharger les batteries et faire tourner le dessalinisateur ! Les panneaux solaires sont efficaces lorsqu’il y a du soleil ( lol ) et lorsque la grand-voile ne donne pas d’ombre.
Côté répartition des tâches quotidiennes, un planning a été affiché sur lequel figurent les jours de la semaine et la répartition des petits boulots : mettre la table, balayer, aider aux rangements, etc.
Les enfants ayant perdu leurs repères de petits terriens conditionnés, ils en trouvent d’autres qui leur permettent de garder un peu les pieds sur terre, d’autant plus que le temps libre cette année est beaucoup plus élastique !

En résumé : nous avons quitté Formentera en fin de journée le 18 septembre au moteur, sans vent. Nous avons atteint le port de Benalmadena, entre Málaga et Marbella, au sud de l’Espagne, le 20 septembre vers 22h30. Eole a daigné nous pousser gentiment par vent arrière pendant 326 milles, sous gennaker et grand-voile. Il faut dire que l’on avait tout fait pour le réveiller un peu celui-là. Clément, tel un matelot de la Marine Marchande d’antan, a grimpé prestement en haut du mât pour y clouer un louis d’or, afin que le vent se mette à souffler !!!
Le port de Benalmadena s’est révélé très accueillant, appliquant des tarifs tout-à-fait raisonnables. Classé plusieurs fois meilleur port au monde -rien que ça- , il offre une marina très chic, constituée d’îlots artificiels accessibles uniquement pour les résidents habitant un des appartements construits dessus ! Nous ne sommes pas amarrés de ce côté-là de la marina, mais peu importe, nous profitons du lieu. Nous y sommes restés 4 jours. Liladhoc a bénéficié d’un petit nettoyage à l’eau douce et les occupants d’un passage sur la terre ferme indispensable pour faire fonctionner nos gambettes et varier les plaisirs. L’après-midi même, nous filions dans notre Clio de location vers Málaga !

Málaga

Point central du littoral de la Costa del Sol, Málaga est une ville charmante. Les enfants sont restés bouche bée face aux voûtes travaillées de sa cathédrale, avec ses deux impressionnantes orgues et son chœur sculpté en bois, représentant des personnages bibliques. Un peu de gothique, de Renaissance, une bonne dose de baroque et le tout est splendide ! La cathédrale, comme tant d’autres ici et ailleurs, a été construite sur une ancienne mosquée, dont il reste très peu de choses. Pour changer de style, nous avons ensuite visité l’Alcazaba, une imposante forteresse bâtie au XI ème siècle par les Arabes pour défendre la cité. Terrasses et jardinets fleuris à l’andalouse, vasques et fontaines, porches, arcades, patios … Mathis a pris un monsieur en train de jouer de la guitare en photo. Celui-ci, charmé par le sourire angélique du jeune photographe, lui a prêté sa guitare et l’a pris à son tour en photo ! Et nous, nous étions en train de griller au soleil autour des vestiges d’un théâtre romain jouxtant la forteresse en se demandant où Mathis était passé. Quelques instants plus tôt, une partie de cache-cache avait commencé entre Mathis et Yohan, jusqu’à ce que l’on retrouve le plus petit les jambes coincées dans le buis d’une haie épaisse après avoir glissé d’un muret situé au-dessus ! Histoire de calmer les esprits, Picasso, l’enfant du pays, nous a attirés ensuite dans son musée, constitué essentiellement de dons et de prêts de ses héritiers. C’est sobre, varié ( Yohan a cru reconnaître un fétiche de Karaba la sorcière ( cf « Kirikou » ), a beaucoup fait rire un monsieur en se contortionnant pour imiter la pause d’un personnage sur un tableau, Mathis a beaucoup adhéré aux peintures-collages du Maître et a fait des recoupements avec son cours d’arts plastiques du Cned. Clément a préféré le musée Picasso de Barcelone. Il a cependant trouvé de l’éclat aux portraits féminins et jugé un peu trop simplistes certaines toiles « facile, moi aussi je peux le faire ça ! ». Et oui, Picasso s’est évertué toute sa vie à peindre en gardant son âme d’enfant ! C’est donc réussi !

Séville

Plus de deux heures de route, mais que gros coup de coeur pour cette grande ville ! En quelques mots, Séville, c’est le cœur de l’Andalousie ! Nous avons visité le quartier de Santa Cruz, avec ses ruelles pavées, ses patios fleuris, ses maisons andalouses, leur douce lumière, accompagnés par la musique tzigane autour de l’Alcázar.
Comme les autres cités d’Andalousie, inlassablement convoitée, Séville est passée tour à tour aux mains des Phéniciens, des Grecs, des Romains, des Maures. Puis l’implantation chrétienne, la découverte des Amériques a apporté une autre architecture, une autre richesse, consolidées par celles du passé. C’est encore la haute saison, mais nous avons circulé facilement dans les rues et trouvé les restaurants et les bodegas moyennement remplis. Tant mieux pour nous ! En revanche, après 20 heures, il y a foule : les sévillans déambulent, se dirigent vers les bars à tapas, les spectacles de Flamenco, ça discute fort, ça rit, ça vit. Normal, c’est samedi soir ! Assis à une terrasse autour de la cathédrale un bocadillo à la main, nous avons vu passer un défilé de Haute couture, de Rolls Royce et de costumes en queue de pie à nous faire avaler de travers. L’aristocratie sévillane était visiblement de sortie !
Le matin, les enfants nous ayant dissuadé de se ranger dans la file d’attente interminable pour la visite de la splendide cathédrale ( dans laquelle repose la dépouille de Christophe Colomb, tout de même sacre bleu ! ), nous avons donc opté pour une balade d’une heure en calèche, moyen très sympathique pour circuler sans se fatiguer ! Mathis, comme à l’accoutumée, avec sa bouille d’ange, a eu une place de choix à côté du cocher. Belle découverte d’une partie de Séville, au rythme cadensé des sabots du destrier.
L’après-midi, nous avons visité l’Alcázar, composé de palais, de patios, construits et rénovés par différents monarques au fil du temps. Isabelle la Catholique et Charles Quint y vécurent. Son histoire démarre au X ème siècle, quand un calife ordonna sa construction, pour se poursuivre plus tard par l’arrivée de Pierre Ier pour y ajouter un palais au XIV ème. Puis d’autres ajoutèrent une pierre à l’édifice au fil des siècles. Résultat incroyable : style mudéjar, gothique, baroque !… On dit même que c’est à l’Alcazar que Christophe Colomb et Magellan vinrent chercher des subventions pour leurs voyages ! Yohan est resté un instant incrédule après avoir entendu l’anecdote. Normal, pour lui, la forteresse avait été construite par le Général Alcazar, personnage emblématique de Tintin !
Nous avons achevé notre journée touristique par la visite du museo del Baile Flamenco ( j’ai bien pensé à toi, petite Marine ! ). Quelle danse fascinante ! Quel tempérament, quelle fougue faut-il avoir pour danser cela ! Et ces costumes ! Nous avons appris beaucoup sur ses origines et ses pratiques. Trop fatigués pour assister au spectacle qui suivait dans le  » tablao » intégré au musée, dans la perspective de s’avaler de bonnes heures de route pour le retour, nous avons quitté le Flamenco, la musique gitane, Carmen, les orangers verts et l’ambiance électrique du soir andalou. Adíos ! Hasta luego !

Grenade

Réservation faite la veille par téléphone, nous sommes partis, entassés dans notre brave petite Clio, à la découverte d’une autre jolie cité : Grenade.
Nous avons traversé un paysage jalonné de champs d’oliviers à perte de vue, les collines et les monts de la Sierra Nevada.
Puis, après avoir cherché un moment la direction pour l’Alhambra ( la co-pilote n’a décidément aucun sens de l’orientation ), nous avons grimpé les quelques centaines de mètres d’altitude pour parvenir au site. Bâtie sur un promontoire surplombant Grenade, cette forteresse est une véritable cité, cernée par plus de 2 kms de remparts ! Nous avons pris notre temps et mis 4 bonnes heures pour la visiter. L’Alhambra est le seul palais arabe construit au Moyen Âge encore intact. Au lieu de le saccager, les catholiques l’ont restauré ! Quelle bonne idée ! Toutes les constructions principales datent donc du Moyen Âge, les palais nasrides et l’Alcazaba ( forteresse ), à part  » la Casa Real », édifiée par Charles Quint. Tout est beau. Grâce aux jardins parsemés de fontaines et de bassins savamment répartis, nous n’avons pas souffert de la chaleur.
Biensûr, nous avons préféré la visite des palais. À la fois forteresse et résidence des émirs, on passe de patios en salons, d’alcôves en corridors … Une ambiance du sud, un jeu de lumière entre les fontaines d’eau et les arabesques des murs, les azulejos et les plafonds en bois sculpté. L’Alhambra, « la Rouge » en arabe, doit son nom à la coloration que prend sa pierre au coucher du soleil. Ça donne envie d’y rester plus longtemps ! Mais Liladhoc nous attend ! Adío !

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