Gibraltar, Espagne

Gibraltar, Espagne, le 26 septembre 2012

Partis du port de Benalmadena le 25 à 7 heures du matin, nous avons longé la Costa del Sol, très largement parasitée par des séries d’immeubles sans charme ou offrant des points de vue sauvages de montagnes pelées des Sierras, pour arriver au port de Gibraltar vers 17h30 le soir. La navigation a été éprouvante pour 3 équipiers sur 5, qui ont souffert du mal de mer ! Vent de face, creux d’un mètre maximum de face, le cocktail idéal pour avoir l’estomac à l’envers. La femme du capitaine a passé un long moment en position horizontale, Mathis a vomi et Yohan voulait vendre le bateau pour acheter une péniche  » qui bouge pas comme celle de Tatie Marie-France » !!! L’arrivée sur Gibraltar, surnommé  » le Cap Horn de Méditerranée », nous a secoué par une houle chaotique, un vent et un courant de face nous freinant énormément et un vent apparent à 30 nœuds. Plusieurs cargos battant pavillon étranger sont ancrés face au Rocher. Accueillis dans la Queensway Quay Marina par les employés du port, nous avons enfin soufflé et regoûté au calme d’un abri.
6,5 km² de territoire anglais en pleine terre andalouse, tout rappelle le Royaume-Uni : l’alignement des pubs, les cabines téléphoniques rouges, les portraits d’Elisabeth II … Apparemment, Gibraltar coûte cher à l’Angleterre car toutes les marchandises sont importées et le Territoire ne produit rien ! On boit de l’eau produite par des usines de désalinisation d’eau de mer, financées par Londres ! God save the Queen ! Gibraltar reste néanmoins une base militaire stratégique, le bruit court que des sous-marins nucléaires seraient dissimulés dans les profondeurs quelque part …
Le mélange britannico-ibérique ne s’arrête pas là car les Gibraltariens pratiquent un dialecte qui leur permet de passer d’une langue à l’autre quand un mot fait défaut ! Petit séjour linguistique intéressant pour celui qui souhaite pratiquer les deux langues ! Isn’t it, Clément ?!
Un dernier petit clin d’oeil au pays de Sa Majesté … Il pleut des cordes !!! Mathis a été réveillé dans la nuit par une gouttière le long de son hublot, les coussins extérieurs sont détrempés et ne sèchent pas.

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Une longue rue piétonne traverse la petite ville. Son charme si particulier opère : un vaste métissage espagnol, portugais, anglais, juif, arabe se croise, se parle, vit ensemble en toute simplicité.
Nous avons choisi notre jour pour monter jusqu’en haut du fameux Rocher,  » the top of the rock » en funiculaire. Un violent orage, accompagné d’une pluie torrentielle a fini par nous tremper complètement ! Cela nous nous a pas empêchés de profiter de la splendide vue ( un peu brumeuse je l’avoue) depuis la partie supérieure du rocher avec vue sur l’anse, sur le détroit et sur l’Afrique du nord. Autant dire que la colonie de singes de Barbarie a occupé toute l’attention des enfants ! Ce sont les « gardes » de la réserve naturelle ! Amenés par les Arabes au IX ème, il reste la seule colonie de singes vivant à l’état sauvage d’Europe. Ils grimpent sur nos dos, ouvrent la fermeture éclair de notre sac à dos -des chipeurs de première !- nous cherchent des poux dans la tête – si, si, véridique !!!- et pausent pour les photos.

Nous avons poursuivi notre chemin à pied pour arriver complètement trempés par la pluie jusqu’à Saint Michael’s Caves, des grottes remplies de stalactites et de stalagmites géants, puis à 2 kms de là, se trouvent un tunnel truffé de galeries creusées dans la roche au XVIII ème siècle pendant le siège espagnol, du temps où les canons anglais bombardaient les Espagnols massés juste au pied du rocher … Puis nous sommes descendus vers la ville après la visite d’un château mauresque du XIV ème, pas terrible. Après la visite de l’Andalousie, c’est sûr ! Le déluge s’est arrêté lorsque nous sommes arrivés près du port. De toute façon, nous étions à essorer depuis le début de l’après-midi ! Après la longue douche froide, une bonne douche chaude !!! On savait que Gibraltar était souvent malmené par les vents et la brume et que l’humidité, lorsqu’elle se fixe au rocher, est tenace. Mais là, c’est l’apothéose !
Nous avons quitté Gibraltar un peu à regret – cette ville si particulière est attachante-, par un soleil radieux et un ciel bleu magnifique le mardi 1er octobre, aux aurores, pour faire route sur Madère. Les moussaillons sont au top de leur forme. la veille du départ, ils se sont défoulés jusqu’au dernier moment sur le quai, en faisant des sprints ! Éric et Clément ont fait un footing de leur côté.
La météo nous prédit un vent arrière de 15 nœuds et des creux de 2 à 4 mètres … Nous quittons la Méditerranée pour l’océan Atlantique, la suite ( le vrai commencement ?) de notre aventure ! Inch Allah ! et ce ressenti en chacun de nous, ce doute et cette excitation si bien exprimés par Moitessier :
« Stupéfaction. Éblouissement. C’est à mon tour de jouer dans une liberté totale. Et pourtant … Peur insidieuse. La peur de l’inconnu. Et voilà que du jour au lendemain, La Grande Aventure se dressait devant moi, redoutable comme une question posée par les dieux : « Sauras-tu faire de ton rêve une réalité ? » « 

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Un avis sur “Gibraltar, Espagne

  1. Je suis vos aventures avec beaucoup de plaisir.
    Merci de nous faire voyager en nous offrant ces images, ces sensations, ces couleurs…
    Pour ceux restés à terre, la vie suit son cours. Hier j’ai passé un moment avec François venu à Argenteuil comme chaque année pour « Les cinglés du cinéma ».
    Continuez à profiter au maximum de cette parenthèse enchantée dans votre vie.
    Ah au fait Béatrice, merci pour le truc du lait Nestlé contre le mal de mer. J’ai le mal de mer et j’adore le Nestlé.
    Bon courage aux enfants pour leurs cours, l’enseignant que je suis mesure la difficulté de l’enseignement à distance mais ils reviendront tellement plus riche de leur voyage.
    Salutations au capitaine qu’il garde bon pied bon oeil même quand le sommeil manque.
    Quant à toi chère cousine, merci de continuer à nous faire rêver par tes récits.

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