La Dominique

La Dominique

11 mars

Après 20 milles nautiques et un bon vent de travers (18 noeuds de vent apparent), nous arrivons à la Dominique en tout début d’après-midi.
Découverte un dimanche de 1493, ce qui lui vaut son nom de « Dominica », Christophe Colomb contourna cette île montagneuse et qui lui semblait impénétrable. Au XVIIème siècle, les Français la convoitèrent pour sa situation entre la Martinique et la Guadeloupe. C’était sans compter sur les Anglais, évidemment, qui tentèrent de s’y introduire également. Encore un siècle de combats entre Français et Anglais, qui avaient cependant un ennemi commun et pas des moindre : les indiens Caraïbes. Le relief et la végétation de l’île offraient d’ailleurs à ces derniers un excellent refuge. La Dominique revint définitivement aux English en 1783. Les Caraïbes furent regroupés dans une réserve.

Portsmouth. Le meilleur mouillage de la Dominique. Nous sommes vite interpellés par le comité d’accueil des boat boys rastas. Ça ne nous manquait pas. Après la Martinique et la Guadeloupe, où l’accueil est aimable, la sollicitation d’une certaine catégorie de boat boys nous rappelle un peu celle subie sur l’île de Saint-Vincent, mais en plus soft. Les effets du cannabis se font sentir sur l’un d’entre eux mais les autres ont tout leur esprit pour me proposer leur marchandises ou leurs services. En deux temps, trois mouvements, me voilà avec des mangues et des pamplemousses dans les mains !
C’est avec plaisir que nous retrouvons l’Amel « Ulys » et à son bord Harry, sa femme Cécile et leur petite Leah.

20130318-174647.jpgUlys au mouillage pas loin de Liladhoc.

12 mars

Albert, le boat boy, parlant par ailleurs très bien le français, vient nous chercher à 9 h avec l’équipage d’Ulys pour une journée de visite au nord de l’île. Les nuages restent accrochés en altitude sur toute l’île, alors que le ciel bleu règne en maître au-dessus de la mer.
Nous longeons des village proches du massif de Morne Diablotin (point culminant de 1445m), des champs de cultures maraîchères et la profonde forêt exubérante et humide, où l’on trouve entre autre l’immense gommier, arbre caractéristique de la Dominique ( les pêcheurs y taillent encore leur pirogue dans la masse d’un seul tronc). L’autre emblême de l’île est le « Sisserou », un joli perroquet difficile à apercevoir dans la dense forêt !

Aujourd’hui, seuls quelques centaines d’indiens caraïbes ont conservé leur teint jaune, leurs yeux bridés et des cheveux noirs et lisses, les autres se sont métissés avec une population de souche africaine. On trouve quelques maisons sur pilotis et des huttes caraïbes.

Sur la côte est, au sud du village de Marigot, s’étend le territoire caraïbe.

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Petites échoppes proposant des produits artisanaux dans la réserve indienne ( seule réserve des Antilles).

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Galette de kassav à base de manioc. Ça a le mérite de tenir au corps ! Pain national guadeloupéen depuis l’époque des indiens caraïbes !

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Les Dominicains parlent un patois très proche du créole martiniquais et guadeloupéen, ce qui permet des discussions plus faciles, y compris avec les enfants.

La nature sauvage et souvent impénétrable de la Dominique et son littoral un peu austère de plages grises n’ont pas incité à la construction de complexes hôteliers, d’aéroport international. Tant mieux pour nous !

Chutes et piscine naturelle de Emerald Pool.

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13 mars

Grosse frayeur du matin : un couple d’allemands sur un Bavaria 44 à côté de Liladhoc lève leurs deux ancres avec difficulté et manque de nous rentrer de plein fouet sur bâbord ! Tous les deux en train de démêler leurs chaînes à la proue oublient que leur bateau, sans pilote aux commandes, poussé par la grand-voile, est sur le point de nous percuter ! Nos hurlements ont fini par payer puisque la dame a bondi à l’arrière de son voilier et fait une marche arrière salvatrice. Ouf ! J’ai eu les jambes en coton pendant un long moment.

Je tiens à nouveau sur mes jambes lorsqu’Albert vient nous chercher à 10h pour nous faire découvrir The Indian River, à un demi mille. Cette magnifique rivière est classée et donc préservée de toute pollution. Albert éteint donc son moteur et saisit ses rames dès l’entrée de la rivière franchie.

La Rivière indienne, entrelacs de lianes et de racines géantes. Les racines tortueuses des immenses arbres de sang protègent de l’érosion pendant la saison des pluies ( de juin à décembre).

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Des scènes de « Pirates des Caraïbes » ont été tournées ici (comme celle du repère de la sorcière dans « Pirates des Caraïbes II).

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Dans ce décor amazonien, boas constrictor, opossums, colibris, sucriers, perroquets, hérons, une vingtaine d’espèces de crabes et des iguanes. Un iguane indolent et tout vert prend sa dose de soleil sur une branche de l’arbre de sang (sa sève est rouge comme le sang).

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Pose pour siroter un jus de pamplemousse frais avant le retour.

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Mathis s’essaie à la rame au retour.

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L’après-midi se passe à bord de Liladhoc. Chacun vaque à ses occupations. Yohan et Mathis sont très soudés et complices dans ces moments-là, ceux où il faut coûte que coûte faire en sorte d’échapper aux cours du Cned … Pas de dispute, pas d’éclat de voix, passages furtifs dans le carré, tout est bien huilé .

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14 mars

Nos amis d’Humanes sont là. Ils sont arrivés de Martinique la veille au soir. Quelques problèmes mécaniques ont retardé leur départ de Martinique et les 3/4 jours que nous devions passés ensemble à la Dominique se réduisent comme peau de chagrin.
Aujourd’hui : visite en taxi avec guide et pique-nique ! Les tarifs d’un taxi à la journée restent élevés par rapport au niveau de vie de l’île (550 EC soit 170 € environ pour deux adultes et trois enfants) et il est très difficile de négocier.

Sud de l’île. Visites dans le National Park. Tout simplement magnifique.

Trafalgar Falls.

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Titou gorges. Pas de photo, car … Nous étions tous dans l’eau en même temps ! On nage dans un étroit couloir encadré par des roches grises d’une dizaine de mètres de hauteur d’où s’échappent des lianes pour atteindre une cascade d’eau fraîche ( difficile de grimper, la chute d’eau est puissante et l’on s’y prend à plusieurs pour aider notre intrépide petit Yohan qui n’a décidément peur de rien !). On atteint un jacuzzi naturel alimenté par l’eau de la cascade ! On est seuls au monde, Humanesiens et Liladhociens réunis !

Un trek dans la jungle avant d’atteindre la très belle cascade de Middleham Falls.

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Apéro dînatoire sur Humanes pour les adultes en compagnie de Harry et Cécile (« Ulys ») et Frédéric et Virginie du monocoque « Dingo d’îles » ( heureux parents de 5 enfants de 3 à 11 ans) qu’Humanes connaissait. Super soirée ! Les enfants s’éclatent de leur côté sur Liladhoc.

15 mars

On a décidé de partir ce matin pour la Guadeloupe. Ulys est déjà parti. On part dire au revoir en annexe à Humanes. Et là, de discussion en discussion, de rigolade en rigolade ( Stéphane a eu une révélation cette nuit, il veut un Outremer !!!), de café en jus de fruits … On ne part plus, nos amis nous propose un déjeuner à bord … On est tellement bien, why not ? Quel privilège de pouvoir décider de notre emploi du temps, sans contrainte !

Clément et Hugo partent faire du wake-board ; Mathis du paddle ; Yohan nage avec Emma et Inès …

Le soir, on couche les enfants et on dîne dans un petit resto en bord de plage avec Steph et Nath. Le premier resto que nous avions choisi était ouvert, mais le patron n’était pas là. Bon. Donc, pas de patron, pas de repas servis. Le deuxième resto d’une catégorie assez modeste nous propose poulet aux épices, riz et patates douces, accompagnés d’un Pinot noir proche de la piquette. Ceux-là ne cherchent pas à séduire le touriste un peu exigeant, c’est sûr ! On veut de l’authentique ? On en a !

16 mars

Cette fois-ci, c’est la bonne, on part pour la Guadeloupe. Adíos Humanes et hasta luego !
Nous sommes au prés serré. Nous laissons Marie-Galante sur notre tribord. 43 milles à effectuer. 15 à 26 nœuds de vent apparent.
Nous prenons puis relâchons un ris dans la grand-voile suivant le vent.
5 heures plus tard, nous lâchons l’ancre dans le lagon de Saint-François, en Guadeloupe.

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