Siné Saloum, Sénégal

Siné Saloum, Sénégal, le 22 novembre 2012

18 novembre 2012

23 nœuds de vent de côté pour commencer, 2 ris dans la grand-voile et un tour de solent pour une navigation tranquille … à 10 nœuds ! Le vent n’a eu de cesse de faiblir et nous avons fini avec une dizaine de nœuds par vent arrière. Démarrage du moteur. La douane nous a stoppés pour un contrôle de routine ( un peu aussi pour visiter le bateau ! ). Le capitaine était furax car les douaniers ont abordé en pleines passes où les remous, les courants et les bancs de sable ne sont jamais faciles à gérer !
Entrée dans le Delta du Saloum. Nous goûtons enfin au plaisir d’une navigation fluviale.

À moins de 200 km de Dakar, le delta du Saloum est une région naturelle très belle. Situé au confluent des fleuves Siné et Saloum -aujourd’hui asséchés-, le delta couvre plus de 300 000 ha, divisés en 9 forêts classées, 2 réserves naturelles et un parc naturel de 76 000 ha, classé par l’Unesco.
Nous naviguons tranquillement sur le fleuve en compagnie de Humanes, touchons quelques bancs de sable, descendons les dérives en guise d’alerte, repartons. On découvre un fouillis inextricable de milliers d’îlots, canaux, bancs de sable, où la mangrove -palétuviers surgis de l’eau- s’étend tout le long. On aperçoit des pélicans, des sternes, des hérons, des aigrettes. Le fleuve compte barracudas, thiofs, mérous, huîtres de palétuviers, crabes violonistes …
Nous avons pique-niqué sur une plage, à côté d’un village isolé de pêcheurs. Aussitôt, une vingtaine d’enfants et quelques adultes du village viennent à notre rencontre. Nous discutons avec eux et leur proposons de partager notre repas ( Humanes a amené plusieurs bonites que nous faisons cuire à la plancha ). Nous distribuons de la pastèque aux enfants qui se jettent dessus frénétiquement. Depuis combien de temps n’ont-ils pas mangé à leur faim ?
Nous étalons sans vergogne nos victuailles et nos affaires sur la plage. Nous regrettons presque d’avoir amené tant de « signes extérieurs de richesse ».
Pour compenser nos maladresses d’occidentaux chanceux, nous avons partagé notre repas et fait faire des tours en bouée aux enfants tractés par l’annexe !!! Un grand moment ! Les petites filles, toujours en retrait, sont invités à monter dans la bouée, elles semblent à la fois enchantées et surprises de l’invitation !

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Humanes et son pote Liladhoc jettent l’ancre face à Djiffer, à la porte du delta.

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Elles sont restées par la suite un long moment à côté de Nathalie et moi, toutes souriantes. Elles ont flashé sur le verni à ongles de nos pieds !
Balades en annexes sur les bolongs où la mangrove abrite une quantité incroyable d’oiseaux.

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Pique-nique avec l’équipage de Humanes au milieu de nulle part. Difficile de rassembler du bois pour créer un feu pour le barbecue ( ben oui, on ne recule devant rien ! ) et les enfants aident. Yohan creuse à deux pas de nous deux trous en guise de WC, un pour les Grands, un pour les Petits !
L’eau est bouillante, nos asticots s’en donnent à cœur joie ! Yohan s’est écroulé de fatigue sur le trajet du retour dans l’annexe et a été retenu de justesse avant de basculer par-dessus bord !!! Cela nous rappelle les retours du banc d’Arguin ou de la dune du Pilat !
Sacrées journées pour un bout de chou !

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N’Dangane.  » Le havre » en wolof. Détente, baignade et apéro à la piscine de l’hôtel  » Le pélican », face au mouillage. Ambiance vacances club med ! On envoie des mails en sirotant un fanta ou un bouye. On tente quelques échanges sur la table de Ping-pong qui a dû subir un éclat d’obus ; les planches de bois qui nous servent de raquettes ont hérité du même sort et la balle reste parfois collée à la raquette car le plastique a fondu à la chaleur !!! Typique !

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Côté bévues :
Clément a fait tomber le bracelet de sécurité de l’annexe,  » lors d’un accostage délicat  » tient à préciser l’auteur du délit ; depuis l’annexe, Mathis a laissé s’envoler le parasol qui a coulé à pic dans le Siné Saloum avant que l’on ait pu dire ouf et Éric a égaré ses lunettes de soleil de vue ! À suivre …

Le jeudi 22 novembre, après avoir acheté quelques tomates, courgettes, pommes de terre, pomelos et œufs, nous levons l’ancre de concert et nous enfonçons dans les bolongs du sud pour atteindre le village de Siwo, où Stéphane et Nathalie ont une mission « Voiles Sans Frontières ».
Il fait chaud, le capitaine a pris un coup de soleil sur le pif, je râte une nouvelle fois ma brioche , les écoliers du Cned se liquéfient et sombrent dans une léthargie incompatible avec les problèmes de proportionnalité et la vie de Zola. Nous croisons des pirogues de pêcheurs à qui nous donnons des bouteilles d’eau et contemplons les paysages de mangroves, de champs et de langues de sable dépouillées par le sel d’où s’échappent martins-pêcheurs, cormorans, aigles pêcheurs, aigrettes, pélicans … Quelques villages de pêcheurs le long du fleuve ont préservé des maisons coloniales rappelant l’épopée de l’arachide, on se déplace en charrette tirée par un âne ou un cheval, des îles perdues dans le Saloum surgissent au détour d’un bras de mer et les capitaines veillent à ne pas heurter un banc de sable. Les cartes de Voiles Sans Frontières ne sont pas tout-à-fait à jour ! On a d’ailleurs aperçu le trimaran de l’association, appartenant à Michel, son président, actuellement en mission lui aussi dans un autre campement, accompagné par une équipe de médecins.

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20121203-151109.jpg17h. Arrivée à Siwo. Village de pêcheurs. Il fait chaud. 38°C. Deux piroguiers nous guident pour contourner les bancs de sable. Nous partons en annexe nous présenter au chef du village. Le vieil homme assis nous offre l’hospitalité et nous souhaite la bienvenue. Stéphane explique que Voiles Sans Frontières lui a demandé d’étudier le projet de construction d’un puits de récupérateur d’eau pluviale pour l’école de Siwo. Le sage est au courant et nous laisse visiter l’école en compagnie des instituteurs.

Des gens accueillants, pleins d’enfants joyeux, un village ( 700 habitants environ au total ) d’une grande pauvreté, mais plus structuré que celui de Yama. Quelques cases entourées de bâtiments en parpaings qui abritent un certain nombre de familles et les 8 instituteurs du village, un groupe électrogène pour l’électricité.

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Les enfants jouent à 1, 2, 3 soleil !

20121203-163303.jpgLe soir, nous assistons à un grand événement au village : la lutte sénégalaise. 3 jours de combats sont prévus. Beaucoup d’athlètes viennent de partout pour
combattre. Premier sport individuel pratiqué dans le pays, les meilleurs lutteurs du Sénégal sont de véritables gloires nationales et touchent des cachets phénoménaux !
Plus qu’un sport national, la lutte révèle l’âme du pays, à travers une mise en scène qui mêle la danse, la musique ( chants des femmes rythmés par les tam-tams des griots ), et religion ( les athlètes se versent sur le corps de l’eau mélangée à du jus de racines afin d’invoquer la protection des esprits ). Les combats auxquels nous avons assistés se sont déroulés dans une arène, sur le sable. Régulièrement, les jeteurs de sort pointent des cornes de zébu vers l’adversaire, jettent des gouttes de fluide sur le public ( on n’a pas trop su ce que cela pouvait être ! … ) pour augurer la non-violence des combats. Chaque combattant est coaché par un marabout qui lui prescrit divers rituels à suivre pour mettre toutes les chances de son côté ! Le combat se termine lorsque l’un des deux lutteurs chutent. Les beaux gaillards que nous avons pu admirer ce soir là sont -paraît-il- des gringalets par rapport à ceux qui vont s’affronter les jours suivants !!! Sans commentaire ! Yohan s’est endormi sur mes genoux et n’a pas résisté aux maraboutages, très longs je l’avoue, d’avant combats.

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Après les Wolofs, ethnie la plus importante du Sénégal, nous voici parmi les Sérères, principalement installés dans le Siné Saloum. Ethnie animiste, elle représente une communauté catholique importante dont une partie s’est islamisée. Les fétiches tiennent une grande place ( cf les rituels des combats de lutte ) et on aperçoit les offrandes aux pieds des arbres ( tas de pierre, brindilles, objets divers ).

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L’école. 190 enfants environ suivent l’enseignement officiel à l’école française et laïque où ils apprennent à lire, écrire et compter. 150 enfants vont à l’école coranique, la Daara, école considérée comme informelle où l’on récite inlassablement des versets du Coran. Les enseignants, expatriés, sont ravis de bénéficier d’un logement construit avec l’aide de VSF ( ils étaient logés auparavant dans les familles du village ). En dehors de Dakar et des zones touristiques, l’instruction scolaire et la pratique du français restent rudimentaires, voire inexistantes. Il est donc important que les jeunes diplômés puissent transmettre leur savoir dans les villages reculés et qu’ils s’y sentent bien.

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20121204-114601.jpgLiladhoc dans la quiétude du Siné Saloum …
Vendredi 23 novembre. Stéphane, accompagné d’Eric, anime une réunion avec les intervenants du projet de construction d’un récupérateur d’eau pluviale. Dans le delta du Saloum, les populations des îles ont l’habitude de collecter l’eau de pluie durant l’hivernage et de la conserver pour l’utiliser pendant la saison sèche, quand l’eau des puits et des forages est la plus saumâtre. Ils collectent l’eau qui ruisselle sur les toitures dans des bassines ou des seaux, puis la versent dans des gros bidons en la filtrant avec du tissu « moustiquaire ». Ils versent un peu d’eau de javel dans le bidon et conservent l’eau quelques temps. L’avantage d’un réservoir serait de permettre aux familles une couverture en eau potable plus importante, pendant les 8 mois de saison sèche. Les calculs sont basés sur une consommation en eau de boisson de 3 L/j/personne … II faut étudier la déviation des premières eaux de ruissellement, la filtration, la purification ( chloration) . Des devis sont à l’étude. C’est un enjeu sanitaire et social. Économique aussi pour Stéphane et sa famille qui assurent le coût de l’opération.

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Samedi 24 novembre. Traversée en charrettes tirées par une mule des îles du Saloum à marée basse pour atteindre Moundé. Une charrette enfants+ une charrette adultes. On entend quand même Yohan et sa petit voix haut perchée ! Il n’arrête pas de parler !

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Les îles à marée basse laissent apparaître des langues de sable couvertes de petits crabes violonistes et d’oiseaux. On aperçoit un chacal. Nous apercevons la « forêt classée » des îles du Saloum. C’est très beau, paisible. La mule peine dans les passages très humides puis repart vaillamment au trop dès que le sol est dur. La route est chaotique. L’air est doux. Seuls la clochette de la mule et le cri des oiseaux bercent nos oreilles … À moins que la voix de crécelle de petit Yo arrive jusqu’à nous ! Pur moment de bonheur partagé !

Arrivée à Moundé. Tout le monde nous dit bonjour ! Comment ça va ?! Rencontre avec le maçon et discussion sur les prix pour la construction d’un récupérateur d’eau pluviale de 20 m² . Le maçon travaille bien, a déjà réalisé une centaine de cuves avec son équipe. Ses prix sont corrects. Le devis d’un concurrent que possédait Stéphane affichait le double !!!
Le toit choisi pour la récupération de l’eau est celui du logement des enseignants. Un toit plus grand était disponible à Siwo, mais il était à refaire ! ( fuites, malfaçons ).
Après avoir quitté le maçon, nous allons saluer l’équipe de Voiles Sans Frontières qui travaille avec une équipe de médecins sur Moundé. Nous discutons avec son président et fondateur, Michel. Nous retrouvons une famille en vadrouille comme nous avec leurs 3 enfants croisée à Dakar en coup de vent. Ils sont très sympas. On papote au milieu des enfants du village qui veulent tous nous dire bonjour et nous serrer la main. Ils sont mignons ! On promet de garder le contact et d’essayer de se retrouver au Cap-Vert ou à Trinidad et Tobago.

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Retour à Siwo le soir … Attention, les chacals rôdent, des cris étranges émanent de la forêt ! …

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Siwo. Le dispensaire de santé manque de moyens pour être pleinement opérationnel. L’infirmière a besoin d’un réfrigérateur pour conserver les médicaments. Ok. Seulement, il n’y a pas d’électricité … Il faudrait des panneaux photovoltaïques ou un groupe électrogène. La vie ici avance au rythme d’un âne tirant une charrette ; tellement de réalisations restent à faire et traînent par manque de moyens ! Les villageois se sentent délaissés par les politiques et les préfets et sous-préfets ont l’air de ne pas s’impliquer sérieusement pour le développement économique des territoires ruraux. Le nouveau Président de la République en poste depuis 6 mois reprend les rênes et le passif discutable de son prédécesseur et ne semble pas savoir par quel bout commencer. L’éthique de Voiles Sans Frontières est claire à ce sujet : il faut absolument solliciter les entreprises sénégalaises, acheter le matériel sur place, impliquer les villageois pour qu’ils se sentent concernés et pas dépendants du toubab blanc.
Les jeunes ici sont la force vive du pays, mais n’en ont pas toujours conscience. L’instituteur de CM1 avec qui je discute longuement se pose beaucoup de questions sur son avenir. Il voudrait se marier avec sa fiancée, étudiante à Dakar. Il en a envie, mais il faudra, comme la tradition le veut, avoir vite un bébé pour conjurer le sort, assurer la consommation du mariage. Mais lui souhaiterait que sa femme poursuive ses études, ne pas être mère de suite … En même temps, on l’alerte sur le fait qu’une femme instruite, qui travaille, peut  » échapper » à son mari, prendre son indépendance … Il me demande mon avis, me pose des questions sur le statut de la femme en France … Une femme peut- elle se mettre en ménage et poursuivre ses études ? Que se passe t-il si la femme gagne mieux sa vie que l’homme ?! L’homme le tolère t-il ? Est-il vrai que son indépendance financière compromet son mariage ??
Je le rassure sur certains points, le fait s’interroger davantage sur d’autres … En Afrique, le poids de la tradition pèse beaucoup dans la balance, c’est évident. Difficile pour cette génération de s’émanciper, de trouver sa voie sans bafouer les règles de vie et la culture des anciens. Pourtant …
La règle d’or : le partage. Chaque salarié donne une partie de son salaire à sa mère qui la redistribue à la famille. Difficile d’économiser … Selon la philosophie  » le groupe t’a permis de vivre, à toi de faire vivre le groupe ». Cette solidarité a du bon, mais elle bloque toute forme d’évolution, d’ambition personnelle. Les jeunes grognent sous cape, tout en se pliant malgré tout à ce fonctionnement. Mais la société sénégalaise et ses valeurs évoluent, comme partout.
Les instituteurs gagnent mal leur vie ( 150 000 francs CFA = 225 € ) et se posent la question de partir travailler en Europe. Question à leurs yeux cruciale : la France, l’Europe, sont-elles un eldorado ??! Les sénégalais partis tenter leur chance en France et de retour au pays sont riches ! … Les comparatifs entre le niveau de vie en France et au Sénégal, quelques exemples concrets sur le coût de la vie, sur la ghettoïsation qui les attend, ont tôt fait de modérer leur sentiment ! Leur pays a tellement de potentiel, c’est aux jeunes générations de prendre en main leur destin dans leur pays et faire changer les choses, les mentalités ! On les encourage tout de même à partir en Europe un ou deux mois pour se faire une idée ( ils ont tous une connaissance ou un membre de leur famille dans un pays européen qui peuvent les loger ).

Le soir, on fête le Nouvel An musulman. Nous sommes invités tous les dix à partager le repas de l’équipe enseignante. Les cuisinières sont largement félicitées ! Dieureudieuf ! Au menu : Tiebou yapp ( plat national composé de riz, d’oignons et de viande ) et couscous ( semoule de mil et viande de bœuf ). Dans le village, c’est la fête. Musulmans, catholiques, animistes partagent le couscous. ( belle leçon de tolérance ). Puis café touba ( aromatisé au poivre de Guinée ).

Dimanche 25 novembre. Cned ( youpi ) ; nouvelle réunion entre le maçon, les instituteurs, Éric et Stéphane ; sieste ; crumble à la banane, dessins, films sur l’ordi ; nettoyage de Liladhoc qui gazouille de contentement …

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Repas à bord. Conseils de Mama légumes : couper le manioc en cubes …

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Faire revenir le manioc dans de l’huile avec un oignon émincé, des courgettes, tomates, poivrons coupés en petits morceaux. Mmmmh !

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Les avocats, les pomelos, les pommes et les bananes sont délicieux ! Clément nous prépare de bons crumbles qu’il partage avec ses potes de Humanes.

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Le soir : les enfants dînent et se couchent ( demain, école ! ). Les parents s’échappent pour assister à la lutte sénégalaise version poids lourds ( Nathalie et moi ne nous lassons pas des beaux muscles saillants, Stéphane et Éric apprécient la puissance des combats, chacun son trip !!! ). Les tam-tams, les chants et belles tenues des femmes, les groupies encourageant leur idôle, les danses, les maraboutages, la technique des combats sont démultipliés. On apprécie davantage l’ambiance survoltée et les carrures des athlètes.

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Merci à Stéphane et à ses superbes photos ! Je n’aurai jamais pu obtenir cette qualité avec mon appareil !!! Le lendemain, Stéphane a imprimé et distribué les photos aux lutteurs habitant le village. Ils étaient flattés et ravis ! …Nathalie et moi aussi !!!

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Lundi 26 novembre. 8h-13h : Les enfants vont à l’école de Siwo ! Mathis dans la classe de Cm1 ( les élèves ont entre 10 et 12 ans), Yohan en CP ( les élèves ont entre 7 et 8 ans ). Pas d’école maternelle à Siwo ! En CM2, certains élèves ont 13 ans car ont débuté l’école plus tardivement que les autres ! Clément n’est pourtant pas enclin à passer une matinée en CM2. On insiste pas ! Ses frères sont motivés et c’est une occasion unique de leur faire partager le quotidien des écoliers !

Sortie des classes. Tout s’est bien passé, les enfants comme les instituteurs sont contents ! Belle expérience pour eux ! Ils s’empressent de nous montrer leur travail réalisé en classe.

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14h. Derniers adieux à ce village plein de charme où le  » téranga » est de mise. Grand moment. Toutes les mains sont levées et s’agitent pour nous saluer. Au revoir aux gentils toubabs et à leur  » maison sur l’eau » !
La cuve sera construite d’ici la fin de l’année. Un autre bateau de Voiles Sans Frontières arrive d’ailleurs dans une dizaine de jours. Il prendra le relais. Ousmane, le directeur de l’école et l’équipe enseignante expriment toute leur gratitude envers Stéphane et Nathalie pour leur don.
On lève l’ancre de concert et empruntons un bolong en direction du sud et de la Casamance.

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Dakar, Sénégal

Dakar, Sénégal

Nous avons quitté La Gomera le mardi 6 novembre à 15h.

Le 6 novembre, la mer était belle sous gennaker. Au 7 novembre à 15 h, nous avions parcouru 173 milles.
Les prises de quart sont établies à présent : Éric se couche à 20 h, Clément regarde un film avec moi pendant mon quart, se retire dans sa cabine vers 22 h et je poursuis mon quart jusqu’à minuit. À minuit, je réveille Éric qui dort généralement comme un bébé et il prend la relève jusqu’à 6 h du matin. Lorsque la fatigue se fait sentir, il remonte le compte-minutes pour 20 minutes et peut profiter ainsi de micros sommeils. Puis il réveille à son tour Clément qui assume son quart de 6 à 8 h avec beaucoup de sérieux.

Par 20 nœuds de vent réel, nous avons eu la bonne surprise de pêcher 2 belles dorades !!! Les Liladhociens sont ravis !

Revenue à la poële, c’est très bon, un peu ferme, cela aurait mérité une marinade au citron … Mais du poisson frais, c’est toujours un plaisir !
Aujourd’hui, nous avons parcouru 187 milles.

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Le 8, au petit matin, une pointe à 23.9 nœuds GPS a été enregistrée !!! Le capitaine s’est levé d’un bond pour prendre un troisième ris et finir d’enrouler le solent en laissant un mouchoir de poche !
Eole souffle à pleins poumons aujourd’hui et lève une mer désordonnée et chaotique qui me donne l’impression d’être dans une machine à laver ! J’ai le mal de mer, c’est déprimant ! On doit se retenir aux meubles pour ne pas être déséquilibrés, la vaisselle sur l’égouttoir a valsé après le passage d’une déferlante sournoise de côté, on monte, on monte, on monte … et on redescend d’un coup -on se croirait dans le Grand Huit-, les enfants sont étonnement calmes aujourd’hui … La cabine de Mathis a subi les conséquences des embruns et il râle de voir de l’eau s’infiltrer par son hublot. Yohan et sa maman ont trouvé la journée fort longue ! …
Pour la plus grande joie du capitaine et de l’aîné des mousses, Liladhoc se permet de surfer sur les vagues de 3/4 mètres en atteignant des pointes régulières à 18/19 nœuds.
Cette troisième journée, nous avons parcouru 227 milles.
Quelques poissons-volants suicidaires ont atterri inopinément sur le trampoline et ont fini au four, avec un peu de tomates, d’oignons et de pommes de terre, arrosés de vin blanc !

Un des exocets tombé sur le bateau et récupéré par Mathis. Nous en avons vu tout au long de notre navigation vers le Sénégal voler au-dessus de l’eau sur une centaine de mètres grâce à leurs nageoires pectorales en forme d’ailes.

Aperçu de la vie à bord …

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Le 9 novembre, la mer s’adoucit petit à petit. L’activité de l’équipage reprend donc.
Le 10 novembre, la houle s’est calmée un peu plus, des vagues de 3 mètres nous accompagnent et le soleil est radieux. On se rapproche à grands pas de l’Afrique, la chaleur se fait sentir. Liladhoc est couvert d’une pellicule de sable ocre du Sahara le long des filières et sur le trampoline.
Le capitaine a mis le gennaker dans le but d’atteindre ce soir Dakar, quitte à obtenir une navigation moins confortable. Mais Liladhoc fait ce qu’il peut !

Déjà, le drapeau du Sénégal est hissé comme pavillon de courtoisie.

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Notre approche de nuit n’était pas évidente, nous avons évité quelques pirogues de pêcheurs sans lumière, contourné les îles de La Madeleine, l’île de Gorée, fini par apercevoir les feux babord tribord de l’entrée de l’anse et contourné quelques filets de pêche au passage. Une odeur désagréable d’huile de vidange et de vase nous a pris à la gorge. Le vent chaud du Sahara a continué à se déposer consciencieusement sur le cata et sur nous, vraisemblablement ! … Finalement, Nous nous sommes mis au mouillage de la baie de Hann, face au CVD de Dakar, à 3 h du matin, le 11 novembre.
Le capitaine a calculé une moyenne de 8 nœuds sur cette traversée ! Éric se plaît à dire que ça fait rêver les monocoques !!!

Mouillage dans la baie de Hann, face au Club de Voile de Dakar ( bâtiment blanc visible au fond ).

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À Dakar, nous avions le choix entre un mouillage dans le grand port commercial aux eaux grasses qui laissent des traces sur les flotteurs ou celui que nous avons choisi, dans la baie de Hann, devant le club de voiles local, à côté des pirogues colorées des pêcheurs. Le nom « Sénégal » viendrait d’ailleurs de  » suñu gaal », signifiant  » notre pirogue » en wolof. L’eau face au CVD est un peu plus propre, même si force est de constater que Liladhoc se salit rapidement au niveau des flotteurs et du pont ( dépôt d’une pellicule de sable ocre ). Suivant la direction des alizés, par marée basse, j’avoue que les remugles de la vase sont assez puissants … Bon, pour des habitués du Bassin d’Arcachon, ça passe.
Un catamaran français voisin vient vers nous en annexe pour faire connaissance et propose d’amener Mathis et Yohan jusqu’au Club de Voile. Ni une, ni deux, les moussaillons embarquent avec enthousiasme pour retrouver les autres enfants. Nous les retrouvons un peu plus tard et rencontrons
-enfin – l’équipage de l’Allure 45 avec qui nous conversons par mails iridium, lui aussi en mission pour VSF. Nous conversons avec Catherine et Bruno, qui naviguent sur Éclipse Océane avec leurs 4 enfants. Ils nous donnent quelques combines utiles et des lieux de visites à ne surtout pas manquer. Clément sympathisent avec Hugo, 16 ans, de Humanes et William, 14 ans, l’aîné d’Eclipse Océane.
Les gens du club nautique sont charmants, souriants. On s’y sent bien. Rencontres étonnantes de gens aux vies singulières, marginaux pour certains.
Aujourd’hui dimanche 11 novembre, jour férié, les réjouissances administratives obligatoires sont repoussées au lendemain. En attendant, on se refait une petite santé ( sieste et farniente ) après la nuit très courte que nous avons passée.

Clément et Mathis, pendant la sieste des parents et la séance dessins du petit mousse, partant au CDV à bord d’un bateau-taxi, un des nombreux services du club ( il y a aussi couture, lavage et repassage du linge, vente de pain, de fruits et légumes, bar-restaurant, etc ). La température tourne autour des 29°C. Avec la brise côtière, c’est très agréable.

Dakar. La capitale sénégalaise, plantée à l’extrémité ouest du continent africain, est une ville dynamique, qui semble concentrer l’essentiel des richesses du pays et … une extrême pauvreté. La ville est bruyante, la circulation est chaotique, certains édifices délabrés contrastent avec des bâtiments récents. Seuls les quartiers comme Médina ou Yoff-Village reflètent une certaine authenticité, ainsi que le quartier historique du Plateau, en plein centre-ville. La pollution, le bruit, la foule ont eu raison de nous. Dakar ne nous a pas vraiment plu. Nous avons été très sollicités par les commerçants qui insistent pour nous vendre leurs babioles.  » On est collants, mais on n’est pas méchants ! ». C’est vrai ! Nos deux familles de toubabs ne passent pas inaperçus dans les rues et certains nous lancent gentiment  » C’est la France qui déménage ?! Vous êtes les bienvenus !!! »
Ce sens de l’accueil demeurera tout au long de notre séjour, c’est le fameux
« téranga »,  » hospitalité » en wolof.

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Les cars rapides circulent dans Dakar. Horaires et pannes imprévisibles, aux dessins multicolores, aux slogans style « Faites que nous arrivons en entier » … Tout est dit ! On a préféré marchander le transport en taxi !

Nous avons bien sympathisé avec l’équipage de Humanes, un beau nautitech 442 avec à bord Stéphane, le skipper, sa femme Nathalie et leurs trois enfants Hugo, Emma et Inès. Nous partons la journée avec eux ; on a loué un grand taxi ( les enfants sont perplexes : pare-brise fissuré de toutes parts, sièges décousus, pas de ceintures à l’arrière … Le comble !!! ).
Les routes sont criblées de trous, les vaches et les chèvres traversent sans crier gare et nous profitons des alignements de pastèques et de troupeaux qui jonchent la route. L’Afrique ! Les enfants sont beaux, les femmes ont des tenues colorées magnifiques qui mettent en valeur leur peau, leur cambrure et leur taille. Mathis trouvent les sénégalaises très belles, il a le coup d’œil !

Le lac rose ( le lac Retba).
Le lac rose doit sa couleur à une algue microscopique qui, pour résister à une très forte concentration de sel, sécrète un pigment rouge. Cheikh nous explique le travail quotidien des forçats du sel. Le corps enduit de beurre de karité, ils se tiennent dans l’eau jusqu’à mi-buste, un tamis autour du cou. Avec des bâtons, ils transpercent la croûte de sel au fond du lac et extraient des seaux de sel blanc qu’ils déversent dans une pirogue jusqu’à la tonne ( production maximum d’une journée par travailleur) ! Le sel est débarqué ensuite sur les berges du lac par des femmes qui constituent de gros tas. Le sel est ensuite mis en sac et vendu. Biensûr, les intermédiaires se  » sucrent » sur le sel durement ramassé par les ouvriers, comme nous dit Cheikh. 24 000 tonnes/an. L’Harmattan souffle et produit une légère mousse de sel, d’où l’on tire la fameuse  » fleur de sel ». Ça amuse beaucoup les enfants. Stéphane et Éric insistent auprès de nos deux ados sur le dur labeur de ces gens, le peu qu’ils en récoltent … Choc des cultures, réflexion sur la pyramide des besoins …

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Déjeuner au Lac rose. On a pris du Thiéboudienne, plat national à base de riz et de poisson, le thiof ( mulet ).

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Sur la route …

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Beaucoup de route encore au milieu de nulle part pour enfin arriver à la réserve naturelle de Bandia. La savane de cette région est parsemée de nombreux Baobabs, emblême du Sénégal, pouvant mesurer 20 m de haut et 10 m de diamètre et vivre jusqu’à 2000 ans ! Son tronc peut stocker plusieurs milliers de litres d’eau qui servent aux villageois. L’écorce et les feuilles produisent des cordes, des médicaments et le fruit est comestible. Clément a siroté avec délice un bouye, jus frais issu du pain de singe, le fruit du baobab !

La réserve de Bandia. 3 500 ha de savane arbustive (acacias). Paradis pour les oiseaux comme le Calao, mais aussi havre de paix pour les singes, les buffles, les gazelles, les autruches, les impalas, les girafes, les zèbres ( frustration, on en n’a pas vu ! ), les rhinocéros, les hiènes et les crocodiles … Dans un baobab creux, on a vu des ossements de griots ( n’ayant pas travaillé la terre, ils ne pouvaient pas être ensevelis ). Quel plaisir de voir tous ces animaux autrement que dans un zoo !

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Une journée sur l’île de Gorée.
À quelques encablures de Dakar ( on y est allés en annexe, le capitaine ayant jugé le mouillage pas assez sécurisé ), Gorée est une petite île charmante, dont les vieilles maisons fleuries de bougainvillées sont réunies autour d’une anse de sable où certains se baignent. On a vite fait le tour : 900 m de long sur 300 m de large ! On a arpenté les ruelles ombragées entre les maisons coloniales au charme désuet, marchandé deux magnifiques toiles et un djembé pour Mathis. La vie n’est pas chère, mais qu’est-ce qu’on dépense !!! On déjeune pour 3€ ; au CVD, Mama lessive me lave le linge pour 2€ la bassine, Mama légumes me propose plusieurs kilos de fruits et de légumes délicieux pour un prix plus que raisonnable, le jus de fruit est à 500 francs CFA, soit 75 centimes d’euros …

L’île de Gorée a été découverte par les Portugais au XV ème siècle et se révèle vite un port commercial de choix entre l’Europe, l’Afrique de l’ouest, l’Amérique et l’Asie. Devenue un jeu stratégique pour l’Europe, elle passe aux mains des Hollandais, des français, des Anglais, puis à nouveau des Français !!! …
Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle représente le symbole mondial de la traite négrière. Gorée est aujourd’hui très cotée auprès de la jet-set dakaroise ( oui, oui, il y a des riches à Dakar ) qui achètent des résidences secondaires à prix d’or ( 750 000€ la maison ! ) comme le grand sculpteur Ousmane Sow, Youssou N’Dour …

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La maison des esclaves. Construite par les Français au XVIII è siècle, cette maison est composée de cellules insalubres, cruelle répartition. Cellule pour enfants ( forte mortalité ), pour jeunes filles ( choisie pour la qualité de leur poitrine … ), pour les hommes, pour les moins de 60 kg ( que l’on remplumait soit disant, pour pouvoir mieux les vendre une fois engraissés – on peut imaginer que leur régime alimentaire ne devait pas ressembler à celui des sumos ) et pour les récalcitrants ( sous un escalier, dans le noir, Nelson Mandela, lors d’une visite officielle, ne faisant pas cas du protocole, aurait passé quelques minutes dans ce lieu maudit et en serait ressorti les larmes aux yeux … ). Triés, les esclaves étaient ensuite embarqués sur des navires par  » la porte du voyage sans retour ». Le commerce triangulaire s’exercera pendant plusieurs siècles. Triste mémoire.

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Le Sénégal n’est pas dépourvu de richesses, mais elles ne semblent pas forcément mises en valeur et bien réparties … 50% vit sous le seuil de pauvreté. À majorité agricole, le rendement est faible et les lopins de terre servent généralement à nourrir la famille. Même le riz, la base de l’alimentation, doit être en partie importé !
L’argent apporté par les touristes profite plus aux agences de voyages gérées par les toubabs qu’aux habitants. Le principal combat : la lutte contre la corruption. Le Sénégal étant le pays d’Afrique le plus aidé, on voit qu’il y a de quoi aiguiser les appétits de certains. Bon, on ne va pas refaire le monde, mais c’est dit.

Diokoul. Visite du village de Yama.
Nous avions contacté l’organisation Vision du Monde, par l’intermédiaire de qui nous parrainons depuis quelques années une petite fille, Yama, afin de lui permettre d’aller à l’école et d’aider sa famille et son village. François, le chauffeur de Vision du Monde, est venu nous chercher à 7 h du matin devant le CVD. Après avoir parcouru 240 km sur route et plus de 30 km dans la brousse sénégalaise, nous sommes enfin arrivés au village de Yama, à Diokoul, entre Saint-Louis tout au nord et Dakar. Au milieu de nulle part. Dans la savane, parmi les baobabs et les acacias, les champs de mil et d’arachide, vivent des villageois, tous agriculteurs. Yohan pense à  » Kirikou et la sorcière ». Les cases aux toits de paille, la terre rouge du sol, les cris de joie et les sourires des enfants à notre arrivée, au son des tams-tams, l’accueil chaleureux des habitants et des correspondants de Vision du Monde, dont notre traducteur Momath, le dernier né de la famille de Yama que la maman me donne dans les bras, l’émotion partagée, tout cela nous revient en tête maintenant que nous sommes repartis et les larmes me viennent une nouvelle fois aux yeux.

Beaucoup, beaucoup d’émotion et de joie partagées. Cela reste difficile de trouver les mots justes pour décrire ce que nous avons ressentis. Cela nous appartient, voilà tout. Nous l’avons vécu tous les cinq intensément, ensemble. C’est fort, c’est gravé dans le marbre.

Yama, 11 ans, est une petite fille timide, qui n’ose nous regarder dans les yeux. Elle est très belle. Une fois apprivoisée, rassurée, elle me prend la main pour me faire visiter sa maison où elle vit avec ses parents, ses frères et sœurs. Sa maman qui a accouché la veille, est fière de nous accueillir chez elle. Le petit bébé est une petite fille. Elle sera prénommée dans une semaine, lors d’une cérémonie de baptême. Le papa est un bel homme, grand, costaud, il représente l’autorité et la douceur à la fois. Il pose des questions sur le bateau. Tous sont étonnés et émus de savoir que nous avons affronté l’océan puis la longue route cabossée de la brousse pour arriver jusqu’à eux !
En tant que parrains, nous sommes heureux de constater que Yama est en parfaite santé, que les efforts consentis par l’organisation Vision du Monde a porté ses fruits ( acheminement de l’eau potable au village, campagne de vaccination contre la méningite, de prévention contre la malnutrition et les maladies, construction d’une école franco-arabe et d’un dispensaire pour les soins ).
Nous avons partagé le repas préparé avec soin par Yama et ses tantes. Assis sur des touts petits tabourés, Yama et nous avons plongé nos cuillères et nos mains dans le grand plat posé au milieu, à savoir un yassa au poulet ( oignons émincés, piment, poivre, poulet et riz mijotés avec la marinade ) hmmmm !

Dieureudieuf !!! Merci !!!

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Toute l’équipe de Vision du Monde qui œuvre sur le terrain.

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Dernier jour au Club de Voile de Dakar. Repos. Yohan a dû prendre un coup de chaud la veille, associé à la fatigue, il est fiévreux. Mathis a mal au ventre, une petite turista en préparation sans doute … On soigne, on se repose. Je récupère mon linge tout propre et bien plié auprès de Mama lessive, Mama nougat nous vend ses gâteaux, Mama légumes me vend une bonne quantité de fruits ( noix de coco, un régime de bananes, papayes, oranges, pomelos, pommes ) et des légumes ( tomates, avocats, courgettes, aubergines, manioc, pastèque et melons ). C’est dit, on ne partira pas les mains vides dans le Siné Saloum demain ! Il y a, nous a t-on informés, très peu de ravitaillement disponibles sur place, si ce n’est le poisson et les crevettes du fleuve ! Éric fait le point avec Diego, qui nous confectionne des pare-soleil pour les hublots et un taud supplémentaire pour les flancs bâbord et tribord, discute avec le président de l’association Voiles Sans Frontières qui vient d’arriver et met à jour sa boîte mails et ses cartes météo.

Une belle fin de soirée passée en compagnie d’Agnès D’Almedia aussi. Ma collègue du Conseil Régional d’Aquitaine et voisine béglaise venue rendre visite à sa famille et travailler pour son association. Nous lui avons donné tous les livres récoltés par elle et par nous en France ( merci encore aux généreux donateurs qui se reconnaîtront ! ). Elle les amènera dans un village isolé à 300 km de Dakar. C’est une bonne chose, et nous sommes ravis d’avoir pu lui rendre service en acheminant ces ouvrages pour enfants. Agnès est adorable et s’est révélée messagère franco-sénégalaise surprise pour l’occasion : j’ai été ravie de vous lire, collègues et amis du CESER, je vois que vous suivez nos aventures ! Quel plaisir de lire vos petits mots ! Merci à Janel et aux copains de classe pour le gentil petit message à l’attention de Mathis et pour les bonbons ( on n’en trouve pas des comme ça ! ). Merci aussi à Claire et à sa tribu pour leur jolie carte ( eh oui, le Bassin d’Arcachon nous manque, c’est vrai ! Bien vu ! ). Nous goûterons vos petites douceurs sur Liladhoc, en regardant le coucher du soleil sur le Siné Saloum et en pensant à vous, c’est promis !

Au revoir Mama nougats !

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La Gomera, Les Canaries

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20121103-182922.jpgLiladhoc semble apprécier le port de San Sebastían de La Gomera ! Le ouistiti qui grimpe au mât s’exerce au poste de vigie !

La Gomera, petite île canarienne de 369 km², est un havre de tranquillité et de bonheur simple. San Sebastían, capitale de l’île est grande comme un mouchoir de poche et très agréable. Elle se visite vite. Ses maisons colorées contrastent avec le ciel et les collines verdoyantes. L’activité de son port joue évidemment un rôle essentiel pour son développement. C’est ici que s’arrêta Christophe Colomb pour la première fois en 1492 avant de prendre la route des Amériques. Toujours là où l’on va, celui-là, on le soupçonne de copier et de suivre la même route que nous … Nous avons jeter un coup d’œil à sa Casa, très belle, blanche avec des balcons en bois, et au fameux Pozo de la Aguada, le puits qui a servi à le ravitailler en eau. Il est,semble t-il, revenu régulièrement pour faire le plein de bois, de vivre et d’eau lors de ses expéditions successives et … Pour y retrouver sa maîtresse le coquin.

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Torre del Conde. XVème siècle. C’est le principal ouvrage militaire construit dans le style castillan qui reste des fortifications de San Sebastían.

20121116-141721.jpgParc national de Garajonay. C’est le poumon vert de l’île ! On a plongé dans une ambiance de contes où les trolls et farfadets se cachaient derrière les lauriers, les arbres tordus et étranges !!! Classé au Patrimoine mondial de l’Unesco ( la variété de la flore et de la faune est importante ).

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Le parc constitué de sous-bois tranche avec le relief escarpé, les ravins, les pitons volcaniques du reste de l’île.

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Les petits bourgs paisibles comme Vallehermoso, Agulo, Hermiga, sont dans le même ton que sur les autres îles, en moins spectaculaires et emblématiques.
Mon sens inné de l’orientation nous a permis de visiter encore davantage, notamment en sillonnant une route étroite, sinueuse et envahie de boue par endroits suite à la pluie intense de la veille, pour finir par un no man ´s land et un demi-tour au milieu de nulle part !!! Le pilote grommelle et les moussaillons pouffent de rire … Pas ma faute si, sur une si petite île, il y a 2 endroits qui se nomment Tagaluche et 2 endroits qui se nomment San Sebastían, diantre !!!

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Dimanche soir, nous avons été invité à boire l’apéritif sur « Oceanix », un superbe Oceanis 50 avec à son bord Jérôme et Karine, vendéens de naissance habitant à Ajaccio depuis 10 ans et leurs trois enfants Jeanne (15 ans), Philippine (12 ans) et Jean-Camille (5ans). Dommage qu’ils ne passent pas par le Sénégal, ils sont fort sympathiques ! Rendez-vous au Cap-Vert ou aux Antilles !

Lundi 5 novembre. On a rendu la voiture de location ce matin. Le Cned, quelques courses diverses, le bricolage et les lessives nous a occupés une bonne partie de la journée. Clément est enrhumé (!!!), Mathis cherche désespérément son MP3, Yohan s’est remis à fond au dessin. On se prépare pour le Sénégal. On reprend contact avec nos interlocuteurs de Dakar et avec les bateaux déjà sur place histoire de glaner des informations utiles. Départ demain en fin de matinée. La météo n’annonce pas beaucoup de vent, mais il faut tout de même partir, car une dépression prochaine s’annonce sur les Canaries.

Avant de partir, on fait une petite provision de spécialités culinaires canariennes. La Gomera est réputée pour son gofio, son sirop de palme, ses liqueurs locales comme le Gomeron, eau-de-vie à base de miel de palmier ( particulier …), l’almogrote ( mélange de fromage de chèvre mélangé à de l’huile d’olive, de l’ail, du poivron, de la tomate … ), plutôt bon ! Et puis, la banane, culture omniprésente ( on a acheté un demi-régime de bananes pour la traversée vers le Sénégal !).

Samedi 6 novembre, 14h : Ça s’agite sur les pontons. Chacun prépare son bateau, quelques comparatifs sur les données météo des uns et des autres, un fusible changé, vérifications des drisses, etc. Adío les copains, Ulys, Oceanix, Black Beatle … Et rendez-vous au Cap-Vert ! Quant aux liladhociens : en route pour le soleil de Dakar ! Hasta luego !

Tenerife, Les Canaries

Liladhoc se repose à la marina de San Miguel, avec vue sur le golf et les volcans.

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Tenerife, Les Canaries, le 1er novembre 2012

Déjà novembre ! On devrait grelotter en Gironde où le froid s’est semble t-il bien installé ! Même si la pluie ne nous laisse que peu de répit, il fait tout de même bon sous nos latitudes ! Les alizés constants maintiennent en effet Tenerife à des températures comprises entre 25° et 30°C toute l’année !

Après 60 M parcourus et 12h de navigation avec vent de face et mer chaotique, nous sommes parvenus jusqu’à la Marina San Miguel ( Puerto Amarilla ) en ayant réussi à remonter au vent ! Merci Liladhoc !

Nous sommes amarrés à côté d’ Ulys, un beau Maramu dans lequel logent Harry et Cécile et leur adorable petite Leah, 2ans et demi. Nous avons été invités à bord pour un apéritif, l’intérieur en bois verni est chaleureux et de toute beauté. Harry, ingénieur en aéronautique, a remanié, entre autres, sa table de carré pour qu’elle s’abaisse et qu’elle se relève à l’aide de vérins hydrauliques afin de la transformer en lit !

La marina San Miguel, située au nord-ouest de l’île, est un peu excentrée, une voiture s’avère nécessaire pour tout.

« The yellow submarine, the yellow submarine … »
Les Beatles n’ont rien à voir dans cette histoire, j’espère seulement que les poissons n’ont pas peur en le voyant surgir !

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29 et 30 octobre

Depuis notre départ de Gran Canaria, la pluie ne nous quitte pas ( on a vite perdu l’habitude ! ) et nous profitons d’une journée d’accalmie pour monter jusqu’au parc du Teide, classé au Patrimoine mondial de l’Humanité, ce sommet volcanique de 3718 m, point culminant des îles Canaries et de l’Espagne. Pour la plus grande joie des enfants, nous avons pris le téléphérique qui nous a montés en une dizaine de minutes à environ 3500m. Le reste est à faire à pied, avec un équipement béton et une autorisation spéciale. Le froid et le vent nous ont saisis à l’arrivée et nous ont fait prendre conscience que l’on était équipés comme des touristes ! Yohan n’a jamais voulu continuer sur le sentier pédestre. Quelle tête de pioche ! Pas assez couvert, il est resté à l’abri du vent et nous nous sommes relayés pour la petite balade ! Le ressenti était à 3°C seulement ! Ça caille, comme on dit chez nous ! Mais c’est magnifique ! Las Cañadas, le Pico del Teide et le Pico Viejo sont des cratères géants, les couleurs dues au fer et au soufre tranchent avec le basalte et les plantes ( si, si, il y en a ! ) qui poussent à travers les roches volcaniques dont une variété de genêt. Le Teide doit être aussi très beau en hiver, lorsqu’il est couvert de neige ! Dernière éruption : 1909 ! … Pas si ancien que cela ! Il paraît que la fréquence des éruptions est du domaine du siècle, la probabilité d’une prochaine éruption augmente donc au fil des années … Ça sent le soufre tout ça !!! Vamos !

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Attention, le premier qui bouge …

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Un chien canarien sauvage et squelettique attiré par les bonnes odeurs du restaurant.

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La Orotava est un village calme et joli ( ça se mérite, les lacets et la montée n’en finissaient plus ! ). La Seat Corolla consomme un peu, heureusement, le 95 sans plomb est à 1,10€/L. Une balade à travers la vieille ville nous a fait découvrir des édifices du XVIIème et XVIIIème siècles avec les balcons en bois sculptés.

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La Casa los balcones date de 1632 et j’ai craqué pour le patio intérieur ! Elle abrite une école de broderie et une épicerie artisanale plutôt alléchante … On a acheté le fameux Mojo dont Clément raffole ( sauce verte à base d’huile, d’ail, de persil et de piment ). On a goûté du miel de palme et de la confiture de cactus.

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L’ouest de l’île. Icod de los Vinos. Beaucoup de vigne ( le vin blanc de Madère est léger et bon ! le rouge, on n’a pas goûté ! ), de bananeraies et des Aloès Vera, installés en terrasses. Icod est un village historique entouré de maisons au style canarien et offre à la vue des touristes éberlués le fameux Dragonnier, arbre original et majestueux, de 16m de haut, 20 m de circonférence et âgé apparemment de près de 800 ans ! L’histoire ( en fait, il y en a plusieurs ! ), – disons celle qui me plaît le plus -, raconte que le dragon aux cent têtes, après avoir été décapité par Héraclès, aurait vu son sang converger au dessus des Canaries et de là serait né le Dragonnier, l’arbre aux cent têtes … C’est beau, non, la mythologie ?!

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Masca. Petit village perché à 400 m d’altitude. Adorable !!! Les maisons sont fabriquées avec le tuf des volcans. Beaucoup de végétation !

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San Cristóbal de La laguna. Bon, sous la pluie, c’est galère ! On aurait sûrement apprécié davantage avec le soleil !

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Santa Cruz de Tenerife , capitale de l’île. Pas franchement touristique ( par rapport au sud de Tenerife, dénaturé en partie par des gros blocs de béton face à la plage ), le nord est fréquenté essentiellement par les autochtones et par les amateurs de shopping version 3D. On s’est contenté de faire les courses au Carrefour et de comparer le MacDo aux Macdo de France et d’ailleurs … Quelques petites touches exotiques diffèrent à chaque fois, mais bon, on n’est pas spécialistes, on préfère les bons restos de poissons !

Le 1er novembre, nous avons bichonné Liladhoc pour qu’il soit tout propre, tout beau. Il semblait content que l’on se soit bien occupé de lui avant notre départ pour La Gomera.
Nous commençons à préparer notre séjour au Sénégal, nous actualisons notre boîte mails, discutons sur skype avec la famille et les amis, et … pestons contre notre colis avec l’amplificateur wifi qui a été refusé par la marina Rubicón à cause de la taxe de douane qui s’élevait à 65€ !!! Outremer se dépatouille et nous la réexpédiera en Martinique, où ils ont un correspondant sûr. En attendant, on a acheté une petite antenne qui n’est pas des plus efficaces, mais bon.
Le vent souffle encore, mais moins fort, la houle fait le dos rond, mais s’allonge … C’est dit, on part demain ! Le capitaine a consulté ses fichiers météo et il est temps que l’on descende plus au sud car le mauvais temps semble perdurer et peut-être durablement s’installer. D’après Beau-Papa, nous sommes à 2359 km de Bordeaux !!! Et nous qui nous sommes crus au bout du monde !!!
Le dernier après-midi, le capitaine a mis sa casquette d’explorateur-bricoleur pour rechercher d’où pouvait provenir cette foutue panne de guindeau … gag ! le mauvais étiquetage du câblage électrique a été découvert après plusieurs heures de recherche !!!
Pendant que les grands bossent, les enfants vaquent de bateau en bateau, Just a Dream avec Louis, Ylang Ylang avec Adrien et nos deux matelots Yohan et Mathis, tous à fond sur leur trottinette. Puis on a vu partir Yohan, trop mignon, avec son petit sac à dos et ses cordes à l’intérieur, en expédition sur les pontons. Nous l’avons laissé partir confiants et attendris. il nous a raconté fièrement qu’il s’était amusé à empêcher les voitures de passer avec sa corde qu’il avait pris soin d’attacher et qu’il tendait comme une barrière dès qu’une voiture arrivait. les conducteurs se sont visiblement prêtés au jeu !!! Heureusement que nous sommes en bout de quai et que la vitesse est limitée. Ne pas se fier à l’eau qui dort … La photo prise à côté d’une voiture de la Guardia Civíl au Tiede a dû lui donner des idées …

L’ambiance est cordiale entre les plaisanciers, ça parle français, espagnol, italien, anglais, allemand, russe ( enfin, pour le russe, je crois ! ). Mélange linguistique sympathique !

Ah ! J’avais oublié : Coco, nouvelle recrue du capitaine pirate ! …

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… Et Leah, petite invitée à bord, navigatrice sur Ulys, trop chou, qui s’est prise d’affection pour  » les garçons » !

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Las Palmas, Les Canaries

Gran Canaria, Les Canaries le 27 octobre 2012

Après avoir passé quelques heures au port de Corralejo, à Fuerteventura, à 2 milles de la isla de Los Lobos, pour l’avitaillement et une connexion wifi, nous avons levé l’ancre en fin d’après-midi pour Tenerife. Seulement, voilà. Nous attendions des vents au 230° qui ont tourné dans la nuit au 270°. Liladhoc a fait ce qu’il a pu pour remonter au vent, mais a baissé les voiles pour se dérouter plus au sud. Nous avons été contraints de modifier notre destination et sommes arrivés au petit matin à Gran Canaria. Le port de Las Palmas a longtemps eu la réputation d’être sale et pollué, sujet aux remous des navires de commerce. Il valait mieux l’éviter. La situation a un peu changé et il attire de plus en plus de monde. C’est peut-être dû au choix de Puerto de Las Palmas comme départ de l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC) qui a permis une prise de conscience de l’intérêt d’accueillir des bateaux de plaisance. Cela dit, les quelques cafards aperçus sur le quai, l’omniprésence des chats errants n’hésitant pas à monter sur les bateaux à l’occasion, les odeurs de la ville et les pendilles boueuses et vermoulues que nous avons relevées pour nous amarrer, nous portent à croire qu’il y a encore du boulot côté hygiène.
Ce serait en revanche dommage de se limiter à ce jugement hâtif car l’île recèle de paysages magnifiques et variés.

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Après-midi du 24 octobre

Las Palmas, capitale de Gran Canaria, est la seule véritable grande ville des Canaries. Son nom viendrait des nombreux palmiers qui y poussent de tout temps. Après avoir arpenté l’avenue principale sur 2 km environs, nous sommes entrés dans la vieille ville de Las Palmas, le quartier colonial de Vegueta. Sur la place Santa Ana, se trouve un palais du XVIè siècle et des statues de bronze représentant des chiens, rappelant ainsi l’étymologie supposée du nom de l’île. Les premiers aborigènes ayant habité l’île, les Guanches, élevaient de nombreux chiens « canis » en latin, d’où « Canaria ». La cathédrale Santa Ana est très belle.

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La visite de la casa de Colón, composée de plusieurs maisons des XVè et XVIè où Christophe Colomb himself aurait séjourné, en 1492, avant de se diriger vers le Nouveau Monde, nous a beaucoup plu. Le musée est consacré aux grandes découvertes.

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J’accompagne Christophe Colomb sur La Niña !

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Comment, un globe terrestre qui ne représente pas l’Amérique !!!

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Nous sommes rentrés au port tard dans la soirée en passant par la grande rue piétonne de Las Palmas, où le shopping s’imposait pour la plus grande joie du capitaine ( je plaisante, il a horreur de ça ! ).

25 et 26 octobre

Nous avons loué une voiture pendant deux jours. Nous avons visité le nord-ouest le premier jour et le sud-est le deuxième.
Gran Canaria est riche d’une nature variée : étendues désertiques en bord de mer, villages de pêcheurs comme Puerto de Las Nieves ou canyons escarpés au centre. Tout le versant ouest de l’île ne bénéficie pas de voie rapide, et nous avons avalé des lacets et des lacets pour passer d’un village à l’autre et perdu du temps à serpenter de vallée en vallée. En revanche : une vue à couper le souffle !

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20121030-092709.jpgAgaete, Puerto de Las Nieves. Mathis a fait la bise à la religieuse qui se tenait à l’entrée de l’église de la Ermita de Las Nieves qui avait visiblement craqué pour lui ( future vocation ??!).

Nous avons dégusté du poisson frais à la plancha dans un petit restaurant au bord du port de pêcheurs, on s’est régalés !!!

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Gáldar, 400 m d’altitude. Nous avons visité le musée et parc archéologique de la cueva pintada, une grotte peinte par les premiers aborigènes qui peuplaient l’île au XIIè, XIIIè siècle, les Guanches. Photos interdites dans le site ! On découvre le reste d’un village primitif et ses habitations reconstituées. Une grotte peinte, creusée dans le tuf volcanique et protégée de l’humidité par des parois de verre, est une grande découverte archéologique. Les dessins naïfs et de formes géométriques ne ressemblent en rien aux peintures rupestres des grottes de Lascaux mais les outils et les substances polychromes utilisées pour les réaliser sont les mêmes !!! Les documentaires projetés sur écran sont très pédagogiques, on s’y croirait ! Les maisons troglodytes, anciennes habitations des Guanches, s’aperçoivent dans les hauteurs, comme à Artenara. Certains paysans gran-canariens continuent d’habiter sous des abris rocheux qu’ils aménagent aujourd’hui.

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Au centre de Gran Canaria, le massif montagneux et volcanique de la Cumbre descend en pentes régulières, on longe des ravins et des canyons vertigineux, dignes du Grand Ouest américain. De part et d’autre de La Cumbre, les paysages sont contrastés entre le nord, soumis aux alizés et souvent couverts de nuages ( dans les hauteurs, nous sommes descendus jusqu’à 16°C ! ), et le sud aride ( jusqu’à 28°C ).

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Le parc naturel de Tamabada. Superbe pinède, l’un des 2 parcs naturels de Gran Canaria. Splendide. Dommage que le temps nous manque et que les nuages s’accrochent, car de bons débuts de randonnées s’offrent à nous.

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Puerto de Mogán, port ultra touristique exagérément surnommé  » la petite Venise » car traversé par des petits ponts fleuris. Cette côte sauvage autrefois subit a priori le même sort que le reste de la côte sud de l’île. Les grues creusent la montagne pour construire des complexes hôteliers imposants. Nous avons dîné dans un restaurant tenu par des italiens. Quel plaisir d’entendre de nouveau cette langue chantante et de pouvoir converser un peu ! Un des serveurs ressemblaient à l’un des acteurs de « tous les soleils » !

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Sud de l’île, dunes de Maspalomas, étendue de sables marins de plus de 6 kms. Petite nostalgie en pensant à notre Dune du Pilat ! …
Beaucoup d’Allemands, de Suédois, d’Anglais. Les plus blancs viennent d’arriver et croisent les bronzés qui repartent.

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La route qui mène au centre de l’île nous fait traverser des oasis de verdure, des canyons dignes des grands westerns et des petits villages typiques. Parmi eux, Arteara, blotti au cœur d’une palmeraie que nous avons découvert à dos de dromadaire, et Fataga, niché au fond d’un  » barranco » ( ravin ) . Yohan croyait que les oasis en question étaient les lieux de fabrication des bouteilles de jus de fruits du même nom !!!

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Agüimes. Ancien domaine des évêques des Canaries. À l’écart du tourisme de masse, les rues parsemées de sculptures invitent à la détente et aux mises en scène !

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27 octobre

 » La patience est l’art d’espérer », notre colis n’est toujours pas arrivé à la marina Rubicón de Lanzarote. Les deux problèmes du départ restent irrésolus : la télécommande du pilote automatique ne fonctionne toujours pas et l’amplificateur de wifi attend son remplaçant, qui se balade dans la nature, entre La Grande Motte et Lanzarote.
Les vents semblent nous donner une ouverture pour continuer jusqu’au sud de Tenerife avant l’avis de coup de vent de 35 nœuds annoncé. Nous avons quitté le port et ses blattes pour ancrer face à la plage à l’extérieur. Les participants de l’ARC arrivent dans la marina les uns après les autres et sont prioritaires. Nous longeons la digue tranquillement jusqu’à la sortie du port. Le mouillage à côté semble sympa. Le capitaine a changé d’ancre principale qui s’était vrillée lors du mouillage au port de Corraleja, face à l’île de Los Lobos. Nous avons rattrapé les cours de Cned et piqué le bouillis pour recadrer les moussaillons qui avaient tôt fait de goûter aux jours fériés ! Clément a trouvé une citation qui illustre le propos :  » Les profs, c’est comme les bébés, ils croient qu’en criant, ils vont avoir tout ce qu’ils veulent ! ». Et comme il accuse un petit retard pour les cours de musique, il en rajoute :  » On dit que Mozart est mort, pourtant, quand j’ouvre le frigo, Mozzarela ( Mozart est là )! » Lol, mon fils. Cela dit, les premiers résultats des évaluations de 4 ème et de CM1 sont encourageants et l’on sait bien que l’école reste secondaire pendant cette année de découvertes.
Côté sport, Clément et Éric font régulièrement leur footing ( un avantage au capitaine sur chemins vallonnés, au plus jeune sur le plat ! ), Mathis nage beaucoup, fait du canoë et de la trottinette – il s’en est achetée une de compét´ avec ses économies -, Yohan court tout le temps, a une endurance qui nous étonne, et la femme du capitaine fait un peu de gras, en manque de Taïso et d’équitation ! Heureusement, on marche beaucoup et on nage ! Une halte au grand Décathlon de Las Palmas a été l’occasion d’acheter deux fusils de pêche pour Éric et Clément. On attend les résultats avec impatience !!! La pêche à la ligne n’ayant rien donné, on espère une dégustation prochaine de sars, poissons perroquets, rascasses, rougets et mérous !!!

Après téléchargement des cartes météorologiques, nous décidons de partir pour Tenerife le dimanche 28 octobre au petit matin. Nous laissons Gran Canaria fêter Halloween sans nous.
Petite consolation pendant cette nav´ qui s’annonçait agitée : on a pêché notre première bonite !!!

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Gran Canaria, Les Canaries

Gran Canaria, Les Canaries le 27 octobre 2012

Après avoir passé quelques heures au port de Corralejo, à Fuerteventura, à 2 milles de la isla de Los Lobos, pour l’avitaillement et une connexion wifi, nous avons levé l’ancre en fin d’après-midi pour Tenerife. Seulement, voilà. Nous attendions des vents au 230° qui ont tourné dans la nuit au 270°. Liladhoc a fait ce qu’il a pu pour remonter au vent, mais a baissé les voiles pour se dérouter plus au sud. Nous avons été contraints de modifier notre destination et sommes arrivés au petit matin à Gran Canaria. Le port de Las Palmas a longtemps eu la réputation d’être sale et pollué, sujet aux remous des navires de commerce. Il valait mieux l’éviter. La situation a un peu changé et il attire de plus en plus de monde. C’est peut-être dû au choix de Puerto de Las Palmas comme départ de l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC) qui a permis une prise de conscience de l’intérêt d’accueillir des bateaux de plaisance. Cela dit, les quelques cafards aperçus sur le quai, l’omniprésence des chats errants n’hésitant pas à monter sur les bateaux à l’occasion, les odeurs de la ville et les pendilles boueuses et vermoulues que nous avons relevées pour nous amarrer, nous portent à croire qu’il y a encore du boulot côté hygiène.
Ce serait en revanche dommage de se limiter à ce jugement hâtif car l’île recèle de paysages magnifiques et variés.

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Isla de Los Lobos, Les Canaries

Isla de Lobos, Les Canaries, le 20 octobre 2012

Après une heure et demi de navigation au moteur – pétole oblige -, nous avons ancré devant une plage de la isla de Lobos, au nord-est de Fuerteventura. Nous avons retrouvé « Andanza » avec David et Sophie, « Reine de Saba » avec Gaël et Nathalie et « Just a dream » avec Gilles et Nathalie et todos los niños. Le mot  » Lobo » signifie loup en espagnol, mais lobo marino est aussi le nom du phoque moine, qui peuplait l’île autrefois. L’espèce a été éliminée par les pêcheurs car l’animal était un concurrent de l’homme dans la pêche aux poissons. On n’en recense plus que 2 colonies en Atlantique et en Méditerranée. Peut-être un jour les Lobos marinos seront réintroduits … Et les plaisanciers interdits de séjour ! … On aperçoit en face Fuerteventura et ses dunes de Corralejo, classées parc naturel. Un avant goût de Sahara ( Fuerteventura est l’île la plus proche de l’Afrique, 92 km la sépare de l’extrême-sud marocain seulement ! ). Entre Corralejo et l’île aux loups se trouve le détroit de la Bocaina. Réputée pour la plongée et le snorkelling, la réserve naturelle où nous sommes nous permet de voir des poissons multicolores de récif et pour les plus chanceux des tortues marines ( comme Mathis ! ) ! Les fonds près des récifs regorgent de poissons plus ou moins gros pour notre plus grande joie ! L’eau est à 24°C. Sur l’île de 6 km² trône le volcan de La Caldera de 127 m de hauteur que nous avons gravi avec les équipages des bateaux-copains. Le lendemain nous avons marché une dizaine de kilomètres pour rejoindre le phare de l’île, puis les lagunes où beaucoup d’oiseaux migrateurs font une halte avant d’atteindre leur résidence d’hiver avant de visiter le  » village » (!!!) soit quelques maisons de pêcheurs blanches aux volets bleus. Même paysage que Lanzarote, des oiseaux par dizaines, une vue splendide sur le lagon vert émeraude. Puis retour dans le lagon. Le passage du récif pour entrer ou ressortir du lagon est toujours épique et le passage des petites déferlantes délicates ! Clément s’est renversé du canoë avec Yohan ( qui a eu le reflex de récupérer les rames !!! ).
Mathis, Yohan, Louis, Théo et Loës s’amusent avec les canoës, grimpent dans les dunes de sable ou jouent au ballon dans l’eau, et le soir se parlent à la VHF ! La dolce vita !

Nous sommes en attente de colis ( l’amplificateur de wifi que nous envoie Outremer car le nôtre ne fonctionne pas ). Le colis doit arriver à la marina Rubicón de Lanzarote ( mais les délais d’acheminement de courrier et colis reste aléatoire aux Canaries ! ) et nous hésitons à nous en éloigner pour ne pas perdre de temps à remonter jusqu’à la marina contre le vent pour réceptionner le colis. Alors, on poursuit jusqu’à Tenerife ou pas ? on retourne à Rubicón et on attend jour après jour l’arrivée du colis comme le messie ?! Dilemme entre le capitaine et sa femme qui n’est pas très enchantée à l’idée de remonter Tenerife, Gran Canaria et Fuerteventura vent et mer de face pour retourner à la marina …et pourquoi pas rester à Tenerife avec les enfants et laisser partir le capitaine et le premier des mousses ?!

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Îles Selvagens, Madère

Îles Selvagens, Madère, le 12 octobre 2012

Partis à 15 heures, nous avons ancré le lendemain après une navigation avec 15 nœuds de vent arrière, une moyenne de 7,5 nœuds et une mer peu agitée. Les quarts de nuit se sont bien passés, comme d’habitude. Jusqu’ à minuit pour la femme du capitaine, de minuit à 6 heures du matin pour le capitaine ( qui a moins besoin de sommeil et qui récupère plus vite … ) et de 6 heures à 8 heures pour le plus grand des mousses, qui a vu atterrir un poisson-volant dans le cockpit ! Pas mauvais une fois revenu à la poêle !!!
Nous avons mouillé dans la petite anse au sud-est de Selvagem Grande nommée l’Enseada das Cagarras, avec la plus grande vigilance, en veillant aux roches immergées ou à fleur d’eau. Un Catana 47 appartenant à deux couples de Belges très sympathiques, férus de plongée sous-marine, était déjà à l’ancre. Nous avons débarqué sur l’île en annexe jusqu’à un endroit bétonné face à la maison du gardien. Nous avons été gentiment accueillis par le gardien de l’île qui a vérifié notre autorisation de débarquer (demandée au préalable depuis Quinta de Lorde) et nous a présenté deux biologistes et un physicien venus sur l’île pour étudier, prélever, analyser la faune et la flore. Une biologiste madérienne nous a guidés sur les sentiers de cette petite île rocailleuse où se nichent des goëlants cendrés encore trop jeunes pour voler. Ils n’ont d’ailleurs pas peur de notre présence et restent bien au creux des rochers calcaires. Des Pétrels et des lézards peuplent également cette île sauvage.
La biologiste nous livre sa connaissance de ce territoire protégé et nous explique qu’elle plonge quotidiennement pour étudier les parasites chez les poissons. Elle reste une quinzaine de jours et repartira sur Madère, où elle travaille comme enseignante et chercheuse à l’université de Biologie de Funchal. Nous avons remercié la chercheuse pour sa disponibilité et son accueil et avons levé l’ancre vers 20 heures, cap sur Graciosa.

Par ailleurs, notre mission auprès de Voiles Sans Frontières était de larguer 2 balises ARGO, pesant 25 kg chacune. Composées d’électronique, ces balises une fois jetées à la mer plongent à 1000 m, puis à 2000 m de profondeur et relèvent une série de données sur les courants, la salinité, la température des eaux et les transmettent via un satellite à l’Ifremer, Météo France, le CNRS … Ces instruments scientifiques de haute précision ont une valeur de 25000€ chacun ( il ne faut pas prendre notre engagement à la légère !!! ) et sont déployés dans tous les océans du globe pour récolter des milliers de mesures de température et de salinité. Le déploiement des flotteurs demande une série d’interventions précises ( retrait de capteurs, écoute de différents signaux, mise à l’eau, expédition par mail via l’iridium d’une fiche de mise à l’eau ). Les 2 largages se sont très bien passés et nous avons reçu un accusé émanant de la base de données comme quoi les flotteurs avaient été correctement mis en œuvre et étaient opérationnels pour une durée de 3 à 5 ans ! Cette modeste contribution à un programme de recherche scientifique important nous a permis de toucher du doigt un des enjeux de notre siècle : l’environnement maritime et les répercutions écologiques et économiques sur l’Humain !

Le 04/10 : 4h22 UTC 32°52 Nord 15°09 Ouest : largage de la balise ARGO n°1 (route en direction de Porto Santo)
Le 12/10 : 9h38 UTC 30°42 Nord 16°04Ouest : largage de la balise ARGO n°2 (route en direction des îles Selvagens)

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Lanzarote, Les Canaries

Lanzarote, Les Canaries, le 18 octobre 2012

Partis vers 10 h du matin, nous sommes arrivés à la Marina Rubicón à 16 h.
Un des rares endroits aux Canaries où l’on est assuré de trouver une place ( sur 500 places, la moitié est réservée aux bateaux de passage ), la marina est flambant neuve. Il y a même une église et une grande piscine ! Elle se trouve près de la Punta Papagayo, au sud-ouest de Lanzarote, face à la Playa Blanca. Offrant moult services, comme toutes les marinas ( celle de Quinta de Lorde, à se demander s’il n’y a pas blanchiment d’argent derrière ces constructions clinquantes érigées comme des forteresses dans la ville ). Cela nous convient de toutes façons, d’autant plus qu’un coup de vent est annoncé pour après demain ; nous préférons l’abri d’un port pour quitter Liladhoc la journée entière. Le 17 et 18 octobre : visite de l’île en voiture de location.

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Ambiance lunaire ou de désolation : la couleur noire est dominante à Lanzarote ; celle du désert de sable volcanique qui couvre l’île et qui tranche avec le rouge des collines. Les éruptions volcaniques du XVIIIème et XIXème siècles ont figé ce paysage fascinant et sinistre ( pour nous en tout cas ! ). La végétation pousse par enchantement, grâce à la ténacité des habitants en grande partie, comme à Haria, la ville aux mille palmiers, ou à La Géria, la route des vins, le long de laquelle des vignes poussent dans des petites fosses circulaires creusées dans le sable gris des volcans, capteurs d’humidité, et protégées du vent par des petits murets en pierre volcanique. C’est très beau !

Le sud de Lanzarote offre des grandes plages de sable blond comme à Papagayo, ou de sable noir comme à El Golfo, où l’on peut observer tout à côté des nombreuses salines, encore en activité comme à Janubio.

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Coincés dans les embouteillages de voitures pour visiter le parc national de Timanfaya, un vigile nous indique une place de stationnement dans ce lieu hyper touristique et malgré tout fascinant de beauté étrange. La suite de la visite s’effectue en car, qui roule lentement mais ne s’arrête jamais parmi ces incroyables étendues de lave.
Au XVIIIè siècle, l’éruption spectaculaire des Montañas del Fuego a recouvert de lave, de scories et de cendres sur plus de 200 km² ( le quart de l’île !). Ces éruptions successives sont à l’origine de la formation de plusieurs dizaines de cratères. Après une nouvelle phase d’activité volcanique en 1824, les volcans de Timanfaya dorment, mais que d’un œil … Ce qui ne semble pas rassurer petit Yohan qui demande à plusieurs reprises, comme pour déjouer le mauvais sort, si les volcans sont endormis ou éteints …
Nous n’avons pas manqué, en bons touristes que nous sommes, de déjeuner au restaurant panoramique El Diablo, construit sur les plans de César Manrique. Ce nom de El Diablo a été choisi en raison de la température infernale sous ce monticule de lave, dépassant les 600°C à une dizaine de mètres de profondeur ( nous avons dégusté brochettes de poissons, steak et poulet grillés sur un four naturel, les enfants ont adoré ! ). Devant le restaurant ont été creusés de petites cheminées, où l’on verse de l’eau afin d’obtenir des petits geysers ! On sursaute lorsque ça crache !

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La suite de la journée a continué de nous enchanter. Nous avons visité à Tiaga, un musée agricole El Patio, organisé dans une magnifique finca de Lanzarote. Cette finca se veut la mémoire des traditions agricoles et rurales de l’île. Qu’elle ne fut pas notre surprise en découvrant que les Anciens utilisaient des chameaux pour faire tourner les pressoirs destinés à broyer les grains de blé ou de maïs pour la farine ! Le moulin à vent ou mû par la force d’un chameau servaient à produire le gofio, farine de maïs ou de blé grillés, bases de la nourriture canarienne. On y retrouve la moitié d’un village du XIXè avec moulins à vent, puits, pressoir, caves à vin, chapelle, habitations, patios, fours à pain, animaux de ferme, culture de magnifiques potirons encore verts … Pour finir par une petite dégustation de vin de la finca accompagné de tapitas (disparues en moins de deux grâce à des petites mains agiles …) !

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La casa monumento al campesino, à Tinajo, oeuvre de César Manrique, est une maison dédiée aux paysans, parfaite reproduction d’une vieille ferme aux murs blancs avec des toits relevés pour récupérer l’eau de pluie. Très jolie, le blanc des murs contraste avec le vert des volets et le gris des escaliers taillés dans la pierre volcanique.

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Nous avons visité 2 châteaux, du côté d’Arrecife, capitale de l’île, qui servaient autrefois de défense contre les invasions des corsaires et des pirates, le Castillo de San Gabriel et le Castillo de San José ( qui abrite le musée international d’art contemporain, très sympa, j’adore la réaction de Mathis et Yohan, très curieux des matières utilisées pour certains tableaux comme des serpillères, des tissus, des outils, des matériaux de récupération, du sable, du bois, du plastique, du carton …! ).

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Mais alors, la visite de l’ancienne maison de César Manrique – incontournable sur l’île vous l’aurez compris ! – nous a enthousiasmé, à l’unanimité !!! Ce génie de l’architecture et de la sculpture, né à Lanzarote, a laissé sa patte sur toute l’île depuis les années 60 ( miradors, jardins, aménagements d’espaces … ). Sa demeure est … extra ! Les murs blancs tranchent avec les escaliers en pierre grise des volcans, les patios intérieurs, creusés dans la lave, offrent des bassins avec des fontaines, entourés de plantes ou de cactus géants, avec un salon de jardin creusé dans la roche volcanique … La maison, bâtie sur cinq grandes bulles volcaniques naturelles, avec 1800 m² de surface habitable sans compter les terrasses et jardins, est un dédale de pièces aux différents dénivelés, aussi fabuleuses les unes que les autres. Pas le droit de prendre de photos ! Ce génie a su harmoniser l’austérité grise du basalte à la pureté des formes arrondies, de la blancheur de la chaux et au vert des végétaux … Et quel plaisir de voir des petits documentaires sur l’artiste ( Yohan trouve qu’il ressemble à Picasso ! C’est un peu vrai ! Quelques dessins de Pabló ornent une des pièces d’ailleurs ! Le top du top pour nous tous, surtout pour les moussaillons : l’atelier de l’artiste et tous ses accessoires et les différents matériaux laissés là comme si l’artiste allait revenir …
Manrique est mort en 1992.

On a marché dans les rues de Teguise, centre historique de l’île. Elle a été fondée par le conquérant normand Jean de Béthencourt en 1428. Teguise était le nom de sa femme ! Les maisons blanches sont typiques et c’est charmant ! Seuls Mathis et Yohan traînent la patte, parce que  » oui, c’est une ville, et puis quoi ?! » Un peu semblable aux autres, certes, mais c’est joli ! Ah, les mômes !
Biensûr, l’exploration des grottes a relancé leur motivation ! La cuveau de Los Verdes est une formation géologique spectaculaire, une partie souterraine du volcan de La Corona, vieille de 3000 à 5000 ans. Au XVIè, la cavité servait de refuge aux habitants de l’île contre les invasions des pirates berbères ! Acoustique incroyable, c’est pourquoi des concerts de musique classique sont programmés dans une salle aménagée de la grotte ! Le guide a demandé à Mathis et Yohan de jeter un caillou dans un trou, qui s’est révélé être une immense flaque d’eau de 20 cm de profondeur ! Ce que nous avions pris comme étant un trou très profond n’était autre que le reflet du plafond de la grotte dans l’eau !!!

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Jardín du cactus par … Devinez qui ? César Manrique of course !
Parfaite intégration de cactus de toute origine sur le sable volcanique ! Et ici les figues de Barbarie ne se mangent pas, elles abrite la cochenille, élevée pour en extraire un colorant carmin ! Activité en déclin, compte tenu de son concurrent direct : le colorant synthétique industriel !

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Le soir, les enfants retrouvent leurs copains de pontons pour des courses de trottinettes endiablées ! L’activité de la marina est agréable et les bars à tapas sympas. La capitaine a trouvé un shiphander achalandé pour acheter une prise supplémentaire et des réductions pour le branchement d’eau au ponton. La casquette bricoleur s’impose donc, d’autant que l’on s’est aperçu que notre AIS (Positionnement et carte signalétique des bateaux inscrits) n’émettait pas ! On voit donc les autres navires sur notre cadran, mais personne ne nous voit ! Nous attendons par ailleurs un colis avec un nouvel amplificateur de Wifi puisque le nôtre n’a jamais fonctionné.

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Graciosa, Les Canaries

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Les Canaries, Graciosa, le 14 octobre 2012

Nous sommes arrivés à l’île de Graciosa le lendemain vers 11h30, après plus de 15 heures de navigation sous solent et grand-voile, avec 18 nœuds de vent en moyenne. Une fois l’ancre jetée entre les fonds rocheux et sableux de la Playa Francesa, au sud-ouest de l’île, nous avons vu débarquer en annexe Gilles et sa fille Émilie, du Lagoon 40 « Just à dream », originaires de Belgique, ravis de nous revoir après notre départ de la marina Quinta de Lorde de Madère. Eux sont arrivés vers 10 heures du matin, une heure et demi avant nous, sans passer par la case Selvagem Grande. Nous sommes entourés d’une quinzaine de monocoques et de catamarans, dont nous reconnaissons certains équipages français. Après s’être baignés dans une eau à 24°C limpide et poissonneuse (Mathis a vu pleins de poissons colorés et un gros mérou !), nous avons emprunté le chemin sablonneux qui mène au port situé à 2,5 km dans la caleta del Sebo, pour trinquer tous ensemble.
Le lendemain, après les indéboulonnables cours du CNED et le déjeuner, nous sommes partis randonner en compagnie de Marie-Jo et Jean-Alain, un couple fort sympathiques navigant sur un Pogo 10,50 m « Manu Atea »que nous avions rencontrés à Madère. Graciosa, réserve naturelle, est un îlot de 27 km² situé sur la pointe nord-ouest de Lanzarote. Le plus haut de ses volcans culmine à 266 m, las Agujas. Nous en avons gravi un autre, moins haut, s’élevant lui aussi parmi les côtes plates et sablonneuses de l’île. L’Estrecho del Río, passage entre Graciosa et la pointe nord de Lanzarote, est fréquenté par les baleines pilotes au cours de leurs migrations.
C’est beau, apaisant, reposant. Les habitants de Lanzarote disent que lorsque l’on débarque à Graciosa, « vous pouvez enlever vos chaussures et oublier le reste du monde » … Pas une seule piste goudronnée, la ville du port est composée de petites maisons cubiques et blanches et de ruelles de sable fin. Le port abrite des barques de pêcheurs et quelques voiliers de plaisanciers. « Manu Atea » va y rester trois mois pendant que ses propriétaires partiront pour la France avant d’y revenir pour passer l’hiver ( les joies de la retraite !).
Le soir, nous étions une bonne vingtaine, enfants compris, à discuter et rire autour d’un barbecue savamment organisé par Gilles de  » Just a dream » ! Musique à gogo, enfants qui jouent sur la plage, et poulet, viande rouge et bananes grillés au menu ! Sans oublier quelques vins de Madère pour étancher notre soif de navigateurs « je me la coule douce ». Des familles bien sympathiques que nous espérons retrouver au cours de notre aventure ( aucun d’entre eux ne passe par le Sénégal ! ), au Cap-Vert ou plus certainement aux Antilles. Constatation récurrente : le monde est petit, puisque nous avons fait la connaissance d’un couple de … Béglais (!!!) habitant à deux pas de chez nous, partis eux aussi pour une année sabbatique à bord d’un monocoque ! José est ténor à l’Opéra de Bordeaux et sa femme musicienne, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Bordeaux. Nous fréquentons à Bègles la même pharmacie et ils étaient au courant qu’une famille béglaise partait comme eux en bateau pour un tour de l’Atlantique. Gaël et Nathalie du Cata Made on « Éric Lerouge » Reine de Saba » ont pris un bain de nuit et ont mis presque tout le monde à l’eau avec la complicité de quelques autres ! Voilà pourquoi Clément, Éric et moi avons fini trempés jusqu’aux os ! Le jean mouillé, ça pèse !!! Mathis riait ( il adore ces ambiances ! ).

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Madère, Portugal

Porto Santo, Madère, le 6 octobre 2012

Après 4 jours et 3 nuits de navigation par vent arrière et houle de 2,5 m, nous avons goûté à la longue houle de l’océan et parcouru 610 M avant de mouiller dans le petit port de Porto Santo, l’île la plus à l’est de Madère. Porto Santo et ses îlots sont à un peu plus de 21 M au nord-est de Madère.

Comme Madère, l’île est d’origine volcanique. Avec 11 kms de long sur 6 km de large, l’île semble aride, constituée de plusieurs collines escarpées, sans trop de végétation ; Vila Baleira, près du port, est une petite ville agréable, de style méditerranéen, avec des maisons blanchies à la chaux, avec quelques palmiers. Derrière une jolie petite église du XV ème siècle se trouve la maison présumée de Christophe Colomb sur l’île ( maintenant un petit musée ). Les habitants sont souriants, la langue portugaise est douce à l’oreille. Porto Santo possède une superbe plage, 6,5 km de long, mais la température de l’eau remet les idées en place et favorise la circulation sanguine ! Étant donné que Madère ne possède pas de plages à proprement parler et qu’elle connaît un ciel beaucoup plus nuageux dû à la présence des montagnes, il est facile de comprendre pourquoi les Madériens prennent le ferry le week-end-end de Porto Santo pour Funchal, sur la grande île de Madère !
Nous avons fêté les 13 ans de notre grand fiston dans un très bon petit restaurant, près de l’église, le 4 octobre au soir. Notre ado était ravi, d’autant qu’une pluie de messages sur Facebook et par SMS est arrivée pour fêter l’événement avec nous !

Madère, le 8 octobre 2012

Madère, de son vrai nom Grande Madère, est de loin la plus grande île de l’archipel, longue de 57 km et large de 22 km. Les pics volcaniques tranchent avec les forêts et les nombreux espaces fleuris. La vigne, les fruits et la canne à sucre occupent les terrasses.

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Bem vendo !
Nous y sommes parvenus après 7 heures de navigation avec vent de face de 25 nœuds et une houle anarchique de 2 m, autant dire 7 heures interminables pour les estomacs fragiles ( plus de lait Nestlé en prime ! ). Grâce à l’aide de l’employé de la capitainerie et de 3 plaisanciers sur la travée, nous avons pu amarrer solidement le bateau malgré la puissance du vent. Nous sommes manifestement les bienvenus dans cette superbe et récente marina Quinta do Lorde, creusée à flan de collines volcaniques. Liladhoc est au bout de la travée, à côté de 2 autres cata, un Lagoon et un Catana de même gabarit. Nous avons retrouvé avec plaisir une famille belge avec qui nous avions fait un stage de survie en haute mer à La Trinité sur Mer. Ils effectuent le même voyage que nous, le Sénégal en moins.

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Nous avons loué une voiture quelques jours et parcouru l’île portugaise. Quels dénivelés ! Le plus haut sommet se trouve à 1860 m d’altitude ! Nous avons atteint en voiture le Pico do Areeiro situé à un peu plus de 1800 m. Tous ces pics volcaniques vert émeraude dressés vers le ciel, ces chutes d’eau vertigineuses sont à couper le souffle.
Le centre de volcanologie et les grottes de São Vicente, au nord de Madère, explique ( en anglais, mais bon ) la naissance de l’archipel suite à une série d’explosions volcaniques. Nous avons siroté un jus de fruits face aux piscines naturelles de Porto Moniz, formées par la lave qui s’est déversée dans l’océan. Sympa, sachant que le plongeon est faisable une bonne partie de l’année, puisque Madère bénéficie des courants chauds du Golfe et que les températures moyennes sont douces ( 25 degrés l’été, 17 degrés l’hiver ! ).
Nous avons sillonné Funchal, capitale de l’archipel, au sud de l’île, nichée dans une baie entourée de hautes montagnes verdoyantes et de défilés profonds. Entre les vieilles places au pavage typique et les églises épurées et blanches, on aperçoit des maisons rose, bleues ou ocres qui tranchent avec la blancheur des villages. Les maisons sont belles, paraissent récentes, les infrastructures routières, les tunnels creusés à travers les montagnes donnent une image d’une île en plein essor. Le long des routes s’étalent des bananeraies à perte de vue, des vignes qui courent le long de grillages, cultures en terrasses savamment entretenues. Dans les hauteurs de Funchal, nous avons déambulé dans les allées du Jardin Botanique ( les enfants ont préféré les cactus, la palmeraie et les perroquets multicolores ! ). Ce jardin doit être de toute beauté au printemps, avec toutes les floraisons. Les fleurs sont nombreuses et variées à l’état sauvage de toutes façons. En longeant les routes sinueuses des hauteurs, nous avons profité de nuées de fleurs rose, jaunes, orange, violette, d’hortensias qui jaillissent tels des pissenlits chez nous, sans oublier les majestueux eucalyptus parfumés … Les fougères sont gigantesques. Les randonneurs doivent s’en donner à cœur joie, des amoureux de la flore dans les forêts luxuriantes comme des marcheurs sportifs dans les sommets montagneux. Jacqueline, Pierre, Claire, Thierry, venez à Madère, paradis des botanistes et des marcheurs !!!

Une superbe balade de 13 km, du côté de Santana, à l’est de Madère, dans la montagne verdoyante, nous a ravis ; le jeu en valait la chandelle : une splendide cascade jaillissant des hauteurs nous attendait. Le chemin longe une levada, canal construit par l’homme il y a fort longtemps pour acheminer l’eau de la montagne jusqu’aux villages d’en bas. Près de 1400 km de levadas à Madère ! Magnifique parcours ! Clément s’imagine déjà dans quelques années revenir à Madère avec sa bande de potes pour explorer davantage l’île et ses trésors de nature en crapahutant dans les coteaux en véritable trekkeur ! Deux mois à vendre des chichis sur la plage pour se payer le voyage, tout est cogité !!!

Les passages de cette rando sont étroits, ombragés par les arbres tortueux, les fougères, les hortensias, l’humidité ruisselle sur les bas-côtés couverts de mousse … on se croirait dans la jungle, style « Gorilles dans la brume » ! D’autant plus que des brumes épaisses et persistantes s’accrochent aux sommets. Les enfants sont ravis, s’inventent des jeux tout en marchant d’un bon pas, tenant les câbles de la barrière qui nous sépare du précipice. Quelques tunnels creusés dans la roche jalonnent le parcours et sans lampe-torche … C’est l’obscurité totale ! C’est assez hasardeux ! Je ne manque pas de me cogner la tête, ça fait un mal de chien !
Hilarité générale, j’ai failli réveiller le yéti.
Le lendemain, nous avons visité le musée de la baleine de Caniçal, située à quelques kilomètres de la marina. Témoignage de l’histoire de la chasse à la baleine et des activités qui y sont associés, on y trouve des harpons, des anciens baleiniers et des films très instructifs. Des vigies postées à Caniçal guettaient les souffles des baleines au large et prévenaient les pêcheurs par des drapeaux et des fusées. Yohan a tout enregistré, audioguide en main, mais n’a pas du tout supporté le film consacré au découpage sanguinolant de la baleine …
Contrairement aux mouillages isolés, les ports et les marinas permettent entre autres de créer des contacts entre plaisanciers effectuant plus ou moins le même parcours. Mathis et Yohan ont tôt fait de sympathiser avec d’autres enfants et jouent à cache cache sur le quai et les pontons. Nous discutons avec les uns et les autres, contents d’avoir des conversations d’adultes avec un point commun : la mer et les escales ! Échanges de conseils techniques, pratiques, d’idées d’escales et de visites … Beaucoup de Français, partis en famille pour un an ou plus, des retraités, des couples sans enfant, des bandes de copains … que nous aurons certainement l’occasion de retrouver sur notre chemin !
Nous sommes le 11 octobre, Eole nous appelle de son souffle et nous largons les amarres pour les ilhas Selvagens, à 155 M au sud de Madère, sur la route de Tenerife. Réserve naturelle et sanctuaire pour les oiseaux, les îles Selvagens sont formées de 3 petites îles non habitées réparties en 2 groupes principaux : Selvagem Grande et Selvagem Pequena. Sans transition !!! À suivre …
Bom viagem !

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Gibraltar, Espagne

Gibraltar, Espagne, le 26 septembre 2012

Partis du port de Benalmadena le 25 à 7 heures du matin, nous avons longé la Costa del Sol, très largement parasitée par des séries d’immeubles sans charme ou offrant des points de vue sauvages de montagnes pelées des Sierras, pour arriver au port de Gibraltar vers 17h30 le soir. La navigation a été éprouvante pour 3 équipiers sur 5, qui ont souffert du mal de mer ! Vent de face, creux d’un mètre maximum de face, le cocktail idéal pour avoir l’estomac à l’envers. La femme du capitaine a passé un long moment en position horizontale, Mathis a vomi et Yohan voulait vendre le bateau pour acheter une péniche  » qui bouge pas comme celle de Tatie Marie-France » !!! L’arrivée sur Gibraltar, surnommé  » le Cap Horn de Méditerranée », nous a secoué par une houle chaotique, un vent et un courant de face nous freinant énormément et un vent apparent à 30 nœuds. Plusieurs cargos battant pavillon étranger sont ancrés face au Rocher. Accueillis dans la Queensway Quay Marina par les employés du port, nous avons enfin soufflé et regoûté au calme d’un abri.
6,5 km² de territoire anglais en pleine terre andalouse, tout rappelle le Royaume-Uni : l’alignement des pubs, les cabines téléphoniques rouges, les portraits d’Elisabeth II … Apparemment, Gibraltar coûte cher à l’Angleterre car toutes les marchandises sont importées et le Territoire ne produit rien ! On boit de l’eau produite par des usines de désalinisation d’eau de mer, financées par Londres ! God save the Queen ! Gibraltar reste néanmoins une base militaire stratégique, le bruit court que des sous-marins nucléaires seraient dissimulés dans les profondeurs quelque part …
Le mélange britannico-ibérique ne s’arrête pas là car les Gibraltariens pratiquent un dialecte qui leur permet de passer d’une langue à l’autre quand un mot fait défaut ! Petit séjour linguistique intéressant pour celui qui souhaite pratiquer les deux langues ! Isn’t it, Clément ?!
Un dernier petit clin d’oeil au pays de Sa Majesté … Il pleut des cordes !!! Mathis a été réveillé dans la nuit par une gouttière le long de son hublot, les coussins extérieurs sont détrempés et ne sèchent pas.

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Une longue rue piétonne traverse la petite ville. Son charme si particulier opère : un vaste métissage espagnol, portugais, anglais, juif, arabe se croise, se parle, vit ensemble en toute simplicité.
Nous avons choisi notre jour pour monter jusqu’en haut du fameux Rocher,  » the top of the rock » en funiculaire. Un violent orage, accompagné d’une pluie torrentielle a fini par nous tremper complètement ! Cela nous nous a pas empêchés de profiter de la splendide vue ( un peu brumeuse je l’avoue) depuis la partie supérieure du rocher avec vue sur l’anse, sur le détroit et sur l’Afrique du nord. Autant dire que la colonie de singes de Barbarie a occupé toute l’attention des enfants ! Ce sont les « gardes » de la réserve naturelle ! Amenés par les Arabes au IX ème, il reste la seule colonie de singes vivant à l’état sauvage d’Europe. Ils grimpent sur nos dos, ouvrent la fermeture éclair de notre sac à dos -des chipeurs de première !- nous cherchent des poux dans la tête – si, si, véridique !!!- et pausent pour les photos.

Nous avons poursuivi notre chemin à pied pour arriver complètement trempés par la pluie jusqu’à Saint Michael’s Caves, des grottes remplies de stalactites et de stalagmites géants, puis à 2 kms de là, se trouvent un tunnel truffé de galeries creusées dans la roche au XVIII ème siècle pendant le siège espagnol, du temps où les canons anglais bombardaient les Espagnols massés juste au pied du rocher … Puis nous sommes descendus vers la ville après la visite d’un château mauresque du XIV ème, pas terrible. Après la visite de l’Andalousie, c’est sûr ! Le déluge s’est arrêté lorsque nous sommes arrivés près du port. De toute façon, nous étions à essorer depuis le début de l’après-midi ! Après la longue douche froide, une bonne douche chaude !!! On savait que Gibraltar était souvent malmené par les vents et la brume et que l’humidité, lorsqu’elle se fixe au rocher, est tenace. Mais là, c’est l’apothéose !
Nous avons quitté Gibraltar un peu à regret – cette ville si particulière est attachante-, par un soleil radieux et un ciel bleu magnifique le mardi 1er octobre, aux aurores, pour faire route sur Madère. Les moussaillons sont au top de leur forme. la veille du départ, ils se sont défoulés jusqu’au dernier moment sur le quai, en faisant des sprints ! Éric et Clément ont fait un footing de leur côté.
La météo nous prédit un vent arrière de 15 nœuds et des creux de 2 à 4 mètres … Nous quittons la Méditerranée pour l’océan Atlantique, la suite ( le vrai commencement ?) de notre aventure ! Inch Allah ! et ce ressenti en chacun de nous, ce doute et cette excitation si bien exprimés par Moitessier :
« Stupéfaction. Éblouissement. C’est à mon tour de jouer dans une liberté totale. Et pourtant … Peur insidieuse. La peur de l’inconnu. Et voilà que du jour au lendemain, La Grande Aventure se dressait devant moi, redoutable comme une question posée par les dieux : « Sauras-tu faire de ton rêve une réalité ? » « 

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Benalmadena, Espagne

Benalmadena, Espagne
Le 23 septembre 2012

Petit aperçu de la vie à bord …
Les cours du Cned ont commencé début septembre, une quatrième pour Clément, un CM1 pour Mathis et une grande section de maternelle pour Yohan.
Le Cned n’a pas été sollicité pour Yohan, une amie institutrice et la directrice de l’école maternelle de Bègles où il était inscrit ont tôt fait de me conseiller pour la pédagogie et m’ont permis de récupérer des fiches de travail très bien faites. Yohan travaille pas mal en autonomie et je reste auprès de lui lorsque la notion à intégrer est nouvelle. Mathis met du temps à s’y mettre mais se débrouille bien. Clément a bien accroché dans certaines matières, notamment en physique-chimie. Éric veille aux grains pour les matières scientifiques et je l’épaule pour les autres. Les quelques ouvrages à lire dans l’année ont été téléchargés.
Pas toujours évident d’obtenir de la concentration et un silence monacal pendant la classe, il faut se fâcher quelquefois ! Je conçois que l’ambiance bateau prête plutôt à la découverte d’autres horizons qu’à un système scolaire conventionnel, mais il faut faire avec, même si cela pèse parfois.
Nous avons établi un emploi du temps sur 7 jours, pas de répit pour les 3 moussaillons mais un rythme moins lourd que sur 4 ou 5 jours. Les navigations à la journée ou sur plusieurs jours permettent d’avancer ; les escales sont consacrées entièrement à la découverte d’un lieu.
Côté autonomie, le dessalinisateur associé aux moteurs et aux panneaux photovoltaïques sont les vecteurs indispensables. Ma petite machine à laver, encastrée dans le placard de la douche, se révèle bien utile. Les douches sont chaudes, prises grâce à l’eau douce récupérée après fonctionnement du dessalinisateur. L’eau obtenue n’est pas impropre à la consommation mais dénuée de tous minéraux. Sur du long terme, elle pourrait entraîner des carences. À moins de boire en plus un demi- verre d’eau de mer par jour et par personne comme Moitessier ! Nous n’en sommes pas là !
Comme le côté baba cool écolo a ses limites, il faut tout de même avouer qu’on ne peut pas se passer de gasoil et que le moteur tourne pour recharger les batteries et faire tourner le dessalinisateur ! Les panneaux solaires sont efficaces lorsqu’il y a du soleil ( lol ) et lorsque la grand-voile ne donne pas d’ombre.
Côté répartition des tâches quotidiennes, un planning a été affiché sur lequel figurent les jours de la semaine et la répartition des petits boulots : mettre la table, balayer, aider aux rangements, etc.
Les enfants ayant perdu leurs repères de petits terriens conditionnés, ils en trouvent d’autres qui leur permettent de garder un peu les pieds sur terre, d’autant plus que le temps libre cette année est beaucoup plus élastique !

En résumé : nous avons quitté Formentera en fin de journée le 18 septembre au moteur, sans vent. Nous avons atteint le port de Benalmadena, entre Málaga et Marbella, au sud de l’Espagne, le 20 septembre vers 22h30. Eole a daigné nous pousser gentiment par vent arrière pendant 326 milles, sous gennaker et grand-voile. Il faut dire que l’on avait tout fait pour le réveiller un peu celui-là. Clément, tel un matelot de la Marine Marchande d’antan, a grimpé prestement en haut du mât pour y clouer un louis d’or, afin que le vent se mette à souffler !!!
Le port de Benalmadena s’est révélé très accueillant, appliquant des tarifs tout-à-fait raisonnables. Classé plusieurs fois meilleur port au monde -rien que ça- , il offre une marina très chic, constituée d’îlots artificiels accessibles uniquement pour les résidents habitant un des appartements construits dessus ! Nous ne sommes pas amarrés de ce côté-là de la marina, mais peu importe, nous profitons du lieu. Nous y sommes restés 4 jours. Liladhoc a bénéficié d’un petit nettoyage à l’eau douce et les occupants d’un passage sur la terre ferme indispensable pour faire fonctionner nos gambettes et varier les plaisirs. L’après-midi même, nous filions dans notre Clio de location vers Málaga !

Málaga

Point central du littoral de la Costa del Sol, Málaga est une ville charmante. Les enfants sont restés bouche bée face aux voûtes travaillées de sa cathédrale, avec ses deux impressionnantes orgues et son chœur sculpté en bois, représentant des personnages bibliques. Un peu de gothique, de Renaissance, une bonne dose de baroque et le tout est splendide ! La cathédrale, comme tant d’autres ici et ailleurs, a été construite sur une ancienne mosquée, dont il reste très peu de choses. Pour changer de style, nous avons ensuite visité l’Alcazaba, une imposante forteresse bâtie au XI ème siècle par les Arabes pour défendre la cité. Terrasses et jardinets fleuris à l’andalouse, vasques et fontaines, porches, arcades, patios … Mathis a pris un monsieur en train de jouer de la guitare en photo. Celui-ci, charmé par le sourire angélique du jeune photographe, lui a prêté sa guitare et l’a pris à son tour en photo ! Et nous, nous étions en train de griller au soleil autour des vestiges d’un théâtre romain jouxtant la forteresse en se demandant où Mathis était passé. Quelques instants plus tôt, une partie de cache-cache avait commencé entre Mathis et Yohan, jusqu’à ce que l’on retrouve le plus petit les jambes coincées dans le buis d’une haie épaisse après avoir glissé d’un muret situé au-dessus ! Histoire de calmer les esprits, Picasso, l’enfant du pays, nous a attirés ensuite dans son musée, constitué essentiellement de dons et de prêts de ses héritiers. C’est sobre, varié ( Yohan a cru reconnaître un fétiche de Karaba la sorcière ( cf « Kirikou » ), a beaucoup fait rire un monsieur en se contortionnant pour imiter la pause d’un personnage sur un tableau, Mathis a beaucoup adhéré aux peintures-collages du Maître et a fait des recoupements avec son cours d’arts plastiques du Cned. Clément a préféré le musée Picasso de Barcelone. Il a cependant trouvé de l’éclat aux portraits féminins et jugé un peu trop simplistes certaines toiles « facile, moi aussi je peux le faire ça ! ». Et oui, Picasso s’est évertué toute sa vie à peindre en gardant son âme d’enfant ! C’est donc réussi !

Séville

Plus de deux heures de route, mais que gros coup de coeur pour cette grande ville ! En quelques mots, Séville, c’est le cœur de l’Andalousie ! Nous avons visité le quartier de Santa Cruz, avec ses ruelles pavées, ses patios fleuris, ses maisons andalouses, leur douce lumière, accompagnés par la musique tzigane autour de l’Alcázar.
Comme les autres cités d’Andalousie, inlassablement convoitée, Séville est passée tour à tour aux mains des Phéniciens, des Grecs, des Romains, des Maures. Puis l’implantation chrétienne, la découverte des Amériques a apporté une autre architecture, une autre richesse, consolidées par celles du passé. C’est encore la haute saison, mais nous avons circulé facilement dans les rues et trouvé les restaurants et les bodegas moyennement remplis. Tant mieux pour nous ! En revanche, après 20 heures, il y a foule : les sévillans déambulent, se dirigent vers les bars à tapas, les spectacles de Flamenco, ça discute fort, ça rit, ça vit. Normal, c’est samedi soir ! Assis à une terrasse autour de la cathédrale un bocadillo à la main, nous avons vu passer un défilé de Haute couture, de Rolls Royce et de costumes en queue de pie à nous faire avaler de travers. L’aristocratie sévillane était visiblement de sortie !
Le matin, les enfants nous ayant dissuadé de se ranger dans la file d’attente interminable pour la visite de la splendide cathédrale ( dans laquelle repose la dépouille de Christophe Colomb, tout de même sacre bleu ! ), nous avons donc opté pour une balade d’une heure en calèche, moyen très sympathique pour circuler sans se fatiguer ! Mathis, comme à l’accoutumée, avec sa bouille d’ange, a eu une place de choix à côté du cocher. Belle découverte d’une partie de Séville, au rythme cadensé des sabots du destrier.
L’après-midi, nous avons visité l’Alcázar, composé de palais, de patios, construits et rénovés par différents monarques au fil du temps. Isabelle la Catholique et Charles Quint y vécurent. Son histoire démarre au X ème siècle, quand un calife ordonna sa construction, pour se poursuivre plus tard par l’arrivée de Pierre Ier pour y ajouter un palais au XIV ème. Puis d’autres ajoutèrent une pierre à l’édifice au fil des siècles. Résultat incroyable : style mudéjar, gothique, baroque !… On dit même que c’est à l’Alcazar que Christophe Colomb et Magellan vinrent chercher des subventions pour leurs voyages ! Yohan est resté un instant incrédule après avoir entendu l’anecdote. Normal, pour lui, la forteresse avait été construite par le Général Alcazar, personnage emblématique de Tintin !
Nous avons achevé notre journée touristique par la visite du museo del Baile Flamenco ( j’ai bien pensé à toi, petite Marine ! ). Quelle danse fascinante ! Quel tempérament, quelle fougue faut-il avoir pour danser cela ! Et ces costumes ! Nous avons appris beaucoup sur ses origines et ses pratiques. Trop fatigués pour assister au spectacle qui suivait dans le  » tablao » intégré au musée, dans la perspective de s’avaler de bonnes heures de route pour le retour, nous avons quitté le Flamenco, la musique gitane, Carmen, les orangers verts et l’ambiance électrique du soir andalou. Adíos ! Hasta luego !

Grenade

Réservation faite la veille par téléphone, nous sommes partis, entassés dans notre brave petite Clio, à la découverte d’une autre jolie cité : Grenade.
Nous avons traversé un paysage jalonné de champs d’oliviers à perte de vue, les collines et les monts de la Sierra Nevada.
Puis, après avoir cherché un moment la direction pour l’Alhambra ( la co-pilote n’a décidément aucun sens de l’orientation ), nous avons grimpé les quelques centaines de mètres d’altitude pour parvenir au site. Bâtie sur un promontoire surplombant Grenade, cette forteresse est une véritable cité, cernée par plus de 2 kms de remparts ! Nous avons pris notre temps et mis 4 bonnes heures pour la visiter. L’Alhambra est le seul palais arabe construit au Moyen Âge encore intact. Au lieu de le saccager, les catholiques l’ont restauré ! Quelle bonne idée ! Toutes les constructions principales datent donc du Moyen Âge, les palais nasrides et l’Alcazaba ( forteresse ), à part  » la Casa Real », édifiée par Charles Quint. Tout est beau. Grâce aux jardins parsemés de fontaines et de bassins savamment répartis, nous n’avons pas souffert de la chaleur.
Biensûr, nous avons préféré la visite des palais. À la fois forteresse et résidence des émirs, on passe de patios en salons, d’alcôves en corridors … Une ambiance du sud, un jeu de lumière entre les fontaines d’eau et les arabesques des murs, les azulejos et les plafonds en bois sculpté. L’Alhambra, « la Rouge » en arabe, doit son nom à la coloration que prend sa pierre au coucher du soleil. Ça donne envie d’y rester plus longtemps ! Mais Liladhoc nous attend ! Adío !

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Formentera, Baléares

Formentera, Baléares

Nous nous sommes éloignés peu à peu de Majorque avec le regret évident de ne pas être restés plus longtemps, car au-delà d’une certaine urbanisation à outrance qui laisse parfois à désirer, Majorque offre des charmes évidents et une grande variété de sites, tant culturels que naturels. Palma De Majorque vaut semble t-il le détour. Et puis zut, on a loupé la famille royale espagnole qui jette l’ancre chaque été à Palma ! Mais aussi Boris Becker, Claudia Schiffer et Michael Douglas entre autres ! Pourquoi ont-ils choisi les Baléares ? Le climat, certainement, l’accessibilité par avion pour les principales villes européennes également … Quant à Michael Douglas, je lui poserai la question.
Historiquement, les allemands sont les touristes les plus nombreux sur Majorque. Ils possèdent d’ailleurs un grand nombre de propriétés. Le tourisme VIP a peu à peu gagné du terrain sur le tourisme de masse ( d’où les superbes propriétés en front de mer, ou dissimulées derrière une colline de pinède ).

Partis à 18 heures, nous avons navigué de nuit sous 8 nœuds avec gennaker et vent arrière, une navigation qui plaît davantage à mon estomac que vent de travers et ressac. De toutes façons, j’ai trouvé un petit réconfort moral auprès de mon tube de lait Neslé concentré que je vide peu à peu lorsque la mer n’est pas sympa avec moi. Effet Placebo garanti !
Clément et moi avons assuré un quart, sous un ciel noir constellé. Les discussions nous ont tenu éveillés jusqu’à ce que le vent forcisse et que nous soyons obligés de réveiller le Capitaine ! Peine perdue, le vent s’est calmé peu de temps après, le capitaine aurait pu rester dans les bras de Morphée deux heures de plus …
Le vaillant capitaine a jeté l’ancre vers 3 h30 du matin dans la cala Rac d’es Mares, sud-est de Formentera.
Formentera est la plus petite île des Baléares et la moins développée. Dans les années 60, Dylan, le groupe Led Zeppelin, les Pink Floyd y séjournent régulièrement. Ici, pas de constructions à outrance, de toutes façons, les surfaces exigées pour bâtir une bicoque sont démentes, les prix exorbitants, alors ceci explique cela : la nature préserve ses droits pour notre plus grand plaisir, je l’avoue. Après le côté un peu frime de Majorque, le vrombissement des jet-skis et des yachts, ce petit paradis nous convient ! Mathis et Yohan ont joué une bonne partie de l’après-midi sur la plage et dans l’eau, Éric et Clément ont sillonné en canoë les calas environnantes et découvert une grotte basse et profonde, érodée par les ressacs qu’ils nous ont fait découvrir après. L’écho y était impressionnant et nous n’avons pas manqué de pousser la chansonnette au beau milieu des roches crayeuses. C’est par un tonitruant « Toréador, en gaaaardeuuu … » que nous sommes ressortis de l’antre en riant.
Après une bonne nuit au mouillage et une matinée dédiée aux cours du CNED, nous avons remonté Formentera par le nord-est, contourné l’île d’Espalmador pour ancrer non loin de la Playa de Ses Illetes. Eau claire et limpide aux reflets verts, turquoise et bleus, au sable doux.

Se balader sur les étroits chemins sablonneux en regardant la mer permet de rêvasser un peu et de prendre du plaisir à être un peu seule. En effet, la promiscuité imposée par notre vie à bord du bateau n’est pas toujours facile à gérer, et les escales sont, entre autres, une bonne occasion de  » s’échapper ».
Après le footing de Clément et Éric, nous avons tous profité des joies de la baignade. Pas beaucoup d’enfants ( forcément, ils sont à l’école ! ), pas mal de couples en revanche, qui bronzent et se promènent sur la langue de sable. Depuis notre arrivée aux Baléares, ce qui nous avait un peu surpris au départ et qui avait gêné Mathis, à savoir de nombreux nudistes, est devenu banal à présent. Sur cette plage aussi quelques adeptes du maillot invisible profitent des rayons du soleil.

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Portocolom, Majorque, Baléares

Portocolom, Majorque, Baléares

Nous avons quitté Minorque le samedi 15 septembre en début d’après midi, sous 25 noeuds de vent, avec grand-voile 2 ris et solent, pour rejoindre Majorque, la plus grande île des Baléares. Nous avons parcouru 40 milles en 5 heures. Il fuse ce Liladhoc ! Nous avons longé la côte sud de l’île, mesuré la hauteur des calanques, le dos rond des collines boisées, les criques enchanteresses et l’urbanisation parfois surchargée de cette partie de l’île. Heureusement, Majorque voit son patrimoine naturel de mieux en mieux sauvegardé par la création de parcs et de réserves.
Nous avons choisi d’ancrer par 4 mètres de fond sableux, à l’entrée d’une crique très belle, La cala Magraner. Pas de construction, une plage de sable, une eau verte, cristalline et chaude …nous avons imposé aux enfants de faire leurs devoirs du Cned avant de plonger (non, je plaisante, on a passé la journée dans l’eau et à grimper les roches !).
Mathis et moi avons regagné une petite langue de sable cachée au fond d’une crique en canoë. Après avoir pagayé au rythme d’un métronome, fiers de nous, nous avons soudain été surpris par une vague provoquée par un bateau au loin et, de travers, biensûr, le canoë s’est renversé à quelques mètres du regard médusé des quelques vacanciers étendus sur leur drap de bain ! Plus de peur que de mal ! Vérification faite que Mathis n’avait « que » bu la tasse, que les lunettes de soleil et les casquettes égarés dans l’eau avaient regagné notre embarcation, un peu sonnés, nous avons porté le canoë ( franchement pas stable ce canoë ! ) jusqu’à la plage, penauds.
Pendant ce temps, Éric et Clément pagayaient à travers les criques et les calanques et en prenaient plein les mirettes.

Porto Colom, le 16 septembre

Porto Colom est un grand port naturel un peu plus au sud de l’île de Majorque. Nous avons ancré au sud du port, où il est techniquement interdit de mouiller, mais comme d’autres bateaux le font …
L’ambiance est calme, presque endormie, sur le quai s’alignent des bateaux de plaisance et de pêche et des  » garages à bateaux », modestes maisons joliment installées au bord de l’eau. Rien de bien intéressant à visiter, si ce n’est le supermarché pour l’avitaillement des estomacs sur pattes de Liladhoc et le réseau wifi ( ah, enfin du réseau ! Éric ne parvient pas à faire fonctionner le routeur, ça l’agace ! ). Installés discrètement à l’ombre des grands Lauriers rose, nous avons pu mettre à jour nos mails et alimenté le compte Facebook pour Clément, en manque de contacts avec les copains et son club d’athlétisme.
Après une bonne nuit de sommeil, nous avons levé l’ancre et avons longé la côte de Majorque, direction : Formentera, la plus petite île des Baléares, au sud d’Ibiza. Avant de quitter définitivement Majorque, nous avons pris le temps d’entrer dans la cala de Figuera, au sud-est de Santanyí. Liladhoc s’est avancé prudemment dans l’étroite crique, entourée d’habitations de pêcheurs et de cafés haut perchés. De nombreux artistes y séjournent, paraît-il. C’est paisible et très joli. Après avoir fait un demi-tour sur place, Liladhoc est ressorti tranquillement, de peur de réveiller la douce langueur de Figuera.

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Ciudadela de Minorque, Baléares

Ciudadela de Minorque, Baléares, le 13 septembre 2012

Après un silence radio qui a pu paraître long à certains, l’équipage de Liladhoc poursuit son aventure ! En résumé : Nous avons tourné le dos à La Corse le 19 août, nous sommes arrivés à hauteur de la Principauté de Monaco le 20, après 20 heures de navigation sans vent. L’urbanisation débordante et les hélicoptères tournoyants au dessus du Rocher ont fini de nous sortir du calme olympien que la mer nous avait offert pendant la traversée. Nous avons longé la côte jusqu’à Antibes tout d’abord, puis port de Hyères pour un avitaillement et un déjeuner avec de la famille d’Eric puis les îles de Porquerolles pour une soirée avec des amis. Le lendemain matin, à 6 heures pétantes, nous levions les voiles pour rallier La Grande Motte en 12 heures. Nous avons amarré le 23 août au port de La Grande Motte que nous avions laissé un mois plus tôt pour une halte qui durera une petite quinzaine de jours. Le but : bichonner Liladhoc (rinçage du bateau obligatoire -le sel s’est infiltré partout- , réglages et interventions du chantier Outremer indispensable et prévus depuis le départ, récupération des colis envoyés par le Cned, rangement des deux balises Argo après les avoir récupérées auprès de notre Partenaire Voiles Sans Frontières, séances de kiné pour consolider la cheville bleuie par une entorse interne pour le second qui a joué les James Bond girl en sautant du flotteur babord du bateau sur le quai du port de Hyères … ).

Et voilà, c’est parti ! Nous avons quitté le port de La Grande Motte le dimanche 9 septembre par une belle matinée ensoleillée pour poursuivre notre aventure !

Notre tour de Corse nous avait permis de nous familiariser avec le bateau et de noter les petits dysfonctionnements mécaniques ou électroniques ( dessalinisateur, télécommande du pilote automatique, bureau dans la chambre de Yohan à refixer ) les améliorations souhaitées (quelques prises supplémentaires) que le chantier Outremer a enrayés fin août et début septembre.
Nous avons été ravis d’accueillir à bord pendant notre halte à La Grande Motte la famille avec qui nous sommes partis jusqu’à l’étang de Thau, avons plongé face à une très belle plage devant l’étang de Vic et avons arpenté tranquillement les quais animés et festifs de La Grande Motte une glace à la main … Merci à tous ceux qui ont eu la possibilité de venir, à la bonne ambiance, aux fous rires, à votre plaisir non dissimulé d’être à bord de notre cata ( rassurés, maintenant ?! Un peu, tout de même, Ce n’est donc pas une coque de noix ce rafiot ! ). Une pensée émue pour les autres avec qui nous ne manquerons pas de communiquer par mail, par skype ou par blog interposés lorsque nous aurons du réseau !

Partant de La Grande Motte, nous avons longé la côte jusqu’à une jolie cala sur La Costa Brava pour nous dégourdir les pattes et nous rafraîchir ( l’eau est 26 degrés BRrrr ). Le lendemain, direccíon : Las Baleares ! 110 Milles à avaler, au début sans vent, pour finir avec 25 nœuds. Nous avons ancré dans la Cala Brut, à l’ouest de Ciudadela, vers 21h30. La nuit s’annonçait tranquille et pourtant …un violent orage a éclaté, entraînant avec lui un vent forcissant à 35 nœuds à minuit ! Une nuit de galère commençait : nous avons dérapé dangereusement vers les rochers abrupts de la cala et donc levé l’ancre avec difficulté à cause de la puissance du vent pour aller mouiller un peu plus loin, face à la Torre de San Nicolás. À peine avons nous eu le temps de nous sécher de l’ondée que nous dérapions à nouveau, l’ancre n’ayant pas assez crocheté !!! Nous sommes donc partis de nouveau pour nous rapprocher un peu plus de Ciudadela, près d’un amas rocheux situé à l’entrée de la Cala Degollador. Ouf ! La houle provoquée par l’orage n’a pas favorisé notre sommeil. Quand nous nous sommes enfin écroulés de fatigue, une annexe du port a trouvé la bonne idée de nous réveiller à 8 heures en tapant au hublot pour nous expliquer qu’il fallait dégager la place pour permettre au prochain ferry de faire son demi- tour avant son entrée dans le port de Ciudadela !!!
Bienvenidos a Menorca !!!
Le manque de sommeil associé à la houle incessante ayant tôt fait de mettre à l’envers l’estomac de la femme du Capitaine, le Capitaine, compréhensif, a décidé de rentrer dans le port de Ciudadela pour calmer les crispations et le mal au cœur. Les moussaillons, quant à eux, avaient très bien dormi ! Et comment un début galère sur l’île de Minorque s’est métamorphosé en un lendemain très agréable par une visite de Ciudadela, petit port naturel constitué d’une longue et étroite cala menant à un petit bassin bordé de quais anciens. Capitale minorquine au temps de la domination arabe, la cité possède beaucoup de charme ( artère principale bordée de voûtes blanchies à la chaux, une anse étroite où baignent de nombreuses embarcations de pêcheurs et un joli petit pont qui mène à l’ancienne cité, une cathédrale gothique très sobre, des anciens palais aux charmes surannés, un « mercat » qui nous accueille dans une halle aux poissons construite fin XIX ème siècle … ). Sûrement envahie de touristes en juillet/août, Ciudadela respire la tranquillité en septembre !
Des maisons colorées ou blanchies à la chaux longent la rue piétonne : Mathis et Yohan courent et jouent avec leurs personnages imaginaires tout en nous suivant. Les quelques commerçants et serveurs de restaurants que nous côtoyons sont très accueillants et la langue espagnole nous revient peu à peu en mémoire. Yohan claironne des « Holà ! » et des  » gracias ! » et glisse parfois un petit  » Salam Alekoum ! » avec un œil plein de malice. Clément est envoyé date-dare en première ligne pour parfaire sa première langue vivante ; à son grand désarroi, il a souvent peur de ne pas se faire comprendre mais revient tout de même avec l’information souhaitée !

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Bastia, Corse

Bastia, Corse, jeudi 18 août 2012

Le feu d’artifice du 14 août au soir a clôturé notre escale à Porto- Vecchio et nous sommes partis le lendemain matin pour le golfe de Pinarellu, au fond duquel s’étend une belle et longue plage de sable. Une petite île du nom de Roscana est repérable en entrant. Le sondeur affiche une eau à 29 degrés ! Très joli coin. Premier essai à ski nautique pour Clément et Mathis, tractés par l’annexe. Dur ! Dur !
Clément sait à présent conduire l’annexe tout seul. Un vrai co-équipier raisonnable, consciencieux, sur qui l’on peut compter et qui a bien trouvé sa place au sein de l’équipage.

Le dernier jeu de société en vogue depuis quelques jours à bord est un jeu des 7 familles version corse ! Yohan gagne tout le monde ! Plus difficile pour lui lorsque l’on joue au Jungle speed !

Le 16 août, vers 8 heures, le vaillant capitaine a démarré les moteurs ( pas de bon vent pour gonfler les voiles ), nous avons longé la côte est de la Corse tranquillement, avant de monter le solent et avancer honorablement à 6 nœuds. La côte Est ne ressemble en rien à la côte Ouest qui nous avait éblouis par ses reliefs et ses contrastes. Sur cette côte rectiligne, on devine des étangs et des rivières et les majestueuses montagnes en arrière-plan. L’arrière-pays semble préserver ses mystères et nous souffle de revenir pour le découvrir à sac-à-dos …
Nous sommes arrivés à Bastia après 20 heures. Nos appels à la VHF sont restés sans réponse car la capitainerie était fermée. Après avoir jeté un coup d’oeil au Vieux Port qui semblait complet, nous avons tenté une entrée dans le petit port de Toga, situé au nord du grand port de commerce Saint-Nicolas. Une de nos « bibles » nautiques, aux éditions Vagnon, nous assurait que des bateaux jusqu’à 25 mètres pouvaient accoster sur pendilles. Confiants, Nous nous sommes enfoncés dans la marina et … Sommes arrivés dans un cul-de-sac ! Impossible de faire demi- tour, trop étroit ! Le capitaine a maintenu une marche arrière délicate pendant que nous assurions les côtés avec les pare-abattages et une gaffe pour ne pas heurter un bateau amarré. Petite suée de stress qui s’est terminée sans dommages ! Nous avons finalement ancré de nuit dans une anse, appelée anse de Porto-Vecchio, face à la citadelle.

Le 17 août, nous avons retrouvé de la famille bastiaise au vieux port pour une visite efficace et instructive de Bastia. Le

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Le Vieux Port, entouré de maisons altières et colorées, vaut le coup d’oeil. Un parfum de méditerranée et d’Italie se dégage de ces quartiers aux noms évocateurs : Terra Vecchia, Terra Nova … et nous sommes ravis d’avoir pu nous y attarder pour mieux s’en imprégner. Nos deux guides expérimentés nous ont d’abord fait découvrir la citadelle génoise, la cathédrale baroque Sainte-Marie-de-l’Assomption, du XVII ème (où l’on peut voir une impressionnante Vierge en argent massif pesant 650 kgs !) et l’oratoire de la Confrérie de la Sainte-Croix, au style rococo, avec un Christ noir que les marins promènent en procession le 3 mai. On flâne dans les ruelles étroites et l’on tombe sur une église baroque ( celle de St.-Jean-Baptiste, du XVII ème, avec ses deux campaniles, magnifique, la plus grande église de Corse ), une chapelle, un oratoire ( comme celui de St.-Roch, saint pourfendeur de la peste qui a droit lui aussi à sa promenade annuelle dans les rues de Bastia) ; au détour d’une rue, d’une place ( la place St-Nicolas, le long du port, avec ses palmiers, ses terrasses de café animées, son vieux kiosque à musique et la statue de Napoléon en empereur romain avec des gros biceps, quel mégalo, celui-là ! ) … C’est surprenant et très beau. Les moussaillons découvrent, questionnent puis … « ENCORE UNE ÉGLISE !!! » Allez, encore un petit tour au musée d’Histoire de Bastia (merci, Pierre, pour toutes tes explications), situé dans le palais des Gouverneurs ( Entre le XV ème et le XVIII ème s. ) avant une dégustation de glaces bien méritée en redescendant sur le Vieux Port !
Nous avons terminé notre agréable journée par un dîner dans l’appartement de mon oncle et ma tante, avec mon cousin que j’ai eu plaisir à revoir. Merci encore pour tout ! Et rendez-vous sur le blog pour l’année à venir ! Mais oui, on reviendra en Corse, c’est certain !
Nous avons quitté Bastia en fin de matinée par mer belle, vent de face, pour faire une halte déjeuner/baignade dans la marine de Pietracorbara, petite crique très fréquentée par les plaisanciers. Nous avons ensuite continué notre route jusqu’aux îles Finocchiarola pour une deuxième pause plongeon ( l’air est à 35 degrés, l’eau à 29, c’est tout de même tentant !!! ). Les îlots rocheux sont jolis, une petite tour gênoise trône sur l’îlot le plus excentré de la crique. Nous avons eu une visite sur le bateau, un monsieur propriétaire d’un monocoque de 36 pieds, style Pogo, curieux de visiter notre Outremer 49 et de connaître notre sentiment sur notre formule 1. Lui-même et sa famille avait effectué un tour de l’Atlantique. Peut-être l’avons-nous convaincu des avantages du multicoque !
Après avoir consulté les prévisions météo, nous avons pris la décision de quitter la Corse et de faire cap sur Monaco. Nous devons rentrer au chantier Outremer de La Grande Motte autour du 23 août pour vérifications techniques obligatoires et indispensables ( le dessalinisateur est capricieux, l’écoute de grand-voile est à changer, usée prématurément par un frottement sur une barre franche, le bureau de la cabine de Yohan est à refixer … ). De plus, nous avons rendez-vous avec de la famille fin août que nous avons grand plaisir à accueillir à bord de Liladhoc avant le Grand Départ de début septembre. Petit détail de la plus haute importance : nous partons pour l’aventure une fois que les cours du CNED seront réceptionnés, je ne pars pas sans les cours de 4 ème de Clément et ceux de CM1 de Mathis, c’est sûr !

Un au revoir rapide à ce petit joyau d’île et c’est parti pour une traversée en sens inverse de la Méditerranée ! Ciao bella, ci vedremo !

Éric et Clément préparent les cannes à pêche, on ne sait jamais ! Après avoir cassé plusieurs bas de ligne ( le Cata avançait trop vite et tirait sur les lignes ! ), ils ne désespèrent pas de nous remonter une bonite ou un gerbaud … Je n’aurai pas cuisiné de poisson fraîchement pêché par nos soins en Corse ! Tant pis ! Nous avons aperçu en revanche une horde de thons en chasse ( quelle puissance ! ) et quelques Flipper curieux pendant la traversée du retour.
Pour ceux qui croient que l’on s’ennuie sur un bateau : Éric s’est aperçu que le pilote automatique ne fonctionnait plus. Il a cru un instant que la forte chaleur perturbait l’électronique, testé plusieurs possibilités avant de s’apercevoir que les enfants avaient éteint par inadvertance le bouton de mise en service du pilote sur le tableau de bord intérieur !
Nous avons quitté le Cap Corse vers 18 heures le 18 août et navigué par mer calme, sous gennaker et grand-voile à 3/4 nœuds, avant d’allumer en désespoir de cause les moteurs car Eole a décidé de ne pas souffler ce soir. Éric a assuré le premier quart, je l’ai relayé vers 2h30 du matin jusqu’à 5 heures. Clément a poursuivi la veille nautique jusqu’à 7 heures. Le ciel constellé d’étoiles et un bon bouquin m’ont accompagnée pendant ce quart. J’ai trouvé l’occasion de formuler quelques voeux grâce aux étoiles filantes et le calme de la nuit m’a permis de me remémorer les bons moments passés sur notre première île avec Liladhoc.

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Porto Vecchio, Corse

Porto Vecchio, Corse le 11 août 2012

Mardi 8 août, nous avons passé une journée sur une île de Sardaigne, l’isola Spargi, près de la plus grande des îles sardes, l’île Maddalena. Petite île sans habitation, rocheuse et accidentée, et faisant partie d’une réserve naturelle ( mouillage payant d’ailleurs, en espérant que les taxes récoltées contribuent réellement à la préservation de l’îlot, très fréquenté par les plaisanciers ).
Nous avons honnêtement profité du lieu le soir, lorsque les jet-skis et les bateaux à moteur vrombissants et peu soucieux de la houle et du bruit qu’ils procurent sont rentrés a casa.
Le lendemain, motivés pour arriver dans les premiers aux îles Lavezzi, nous avons levé l’ancre vers 8h30 et avec un bon vent porteur, nous sommes parvenus jusqu’aux Lavezzi 1h30 après avec des pointes à 14 nœuds. Quel plaisir de surfer sur les vagues ! L’île présente d’énormes blocs de granit gris, polis par l’érosion marine. Des langues de sable blanc s’étirent ça et là et tranchent avec l’ensemble minéral. C’est très beau. Notre motivation matinale est récompensée : nous jetons l’ancre à quelques mètres des roches et plongeons dans une eau à 27 degrés, claire, calme et poissonneuse. Sur l’île, une petite pyramide appelée La Sémillante commémore le naufrage de 1855, au cours duquel 750 personnes perdirent la vie. Les enfants courent jusqu’à perdre haleine à travers les sentiers odorants de l’île.
L’île est connue pour ses mérous, que nous ne verrons pas. Il faut plonger avec des bouteilles !

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Le soir, nous avons filé jusqu’à la baie de Rondinara, dans le golfe de Sant’Amanza, sud-est de la Corse. Déjà beaucoup de bateaux au mouillage et se trouver une place n’est pas une mince affaire ! Le capitaine veille au vent qui nous pousse sur les bateaux, au fond de l’eau qu’il souhaiterait sablonneux pour une meilleure accroche de l’ancre et pour éviter d’arracher la posidonie ( herbe marine indispensable à l’oxygénation de la Méditerranée, rien que ça ! ).
En plus d’offrir un abri total, Rondinara est une très jolie baie. L’eau est si claire que l’on croit avoir pieds alors qu’il y a encore un bon mètre en dessous ! Beaucoup d’italiens fréquentent le coin, des bateaux allemands et anglais aussi. Un Cormoran plonge avec agilité sous l’eau pour satisfaire son appétit. On a satisfait le nôtre grâce à Clément et sa brioche et à Mathis et ses crêpes !!!
L’eau potable vient à manquer et il faudra envisager d’accoster à Porto Vecchio le lendemain.

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Nous avions envisagé une halte sur les îles Cerbicales, groupe d’îles à moins d’1 M de la côte au sud de l’entrée du golfe de Porto-Vecchio, mais cette réserve naturelle ne permet pas le débarquement du 1er avril au 31 août. Respect.
Le samedi 11, urgence ! Nous n’avons presque plus de vivres ! Deux solutions : on passe à l’abordage du premier yacht en arborant le pavillon des pirates pour rafler toute nourriture et eau, ou l’on plante l’ancre dans une baie à proximité du port de Porto Vecchio pour dévaliser la première supérette du coin. Bon, on a choisi la deuxième solution, une pointe de civilité ne fait pas de mal !

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Porto-Vecchio est une jolie ville, bâtie par les gênois, sur la même configuration que Bonifacio ( ville haute avec ses remparts, sa porte gênoise caractéristique, son bastion ). On aperçoit des marais salants derrière la marina, toujours en activité et qui lui ont valu le surnom de « Cité du sel ». Nous avons ressenti une pression touristique plus intense qu’à Bonifacio ( il paraît que la population passe de 10 600 à près de 100 000 en été ), pas étonnant qu’on s’est sentis un peu bousculés, parmi tous ces touristes dont nous faisons partie ! La Ville Haute, blottie autour de la jolie place de l’église, nous accueille avec ses commerces, ses terrasses … À l’entrée de la marina est d’ailleurs inscrit : « Ben vinuti in Purti Vecchju ! ». Nous avons appris par la même occasion que 2 étapes du Tour de France 2013 étaient prévues sur l’île de beauté, dont l’une sera Bastia-Ajaccio et qu’une athlète originaire de Porto-Vecchio venait d’obtenir une médaille de bronze aux J.O. de Londres.
Un super restaurant aux spécialités corses avec une terrasse surplombant les marais salants et le port a fini de combler nos papilles. Nous avons été bercés par les chansons de I Muvrini qui se produisaient le soir même à Porto-Vecchio jusqu’à minuit. Sans les enfants, nous aurions tenté d’acheter des places (c’était encore possible !), mais le concert ne commençait qu’à 22h et le lieu se trouvait à un bon kilomètre du port ! Difficile pour Yohan surtout !

Lundi 13 août, nous avons accueilli à bord des copains et leurs enfants pour notre plus grande joie à tous. Clément a retrouvé Paco et Simon, Mathis Lili-Rose et Yohan Élie. Lucille, la benjamine, à fêté ses 10 mois sur Liladhoc ! Nous sommes partis nous baigner dans le golfe de San Ciprianu, grande baie juste au nord de l’entrée de Porto-Vecchio. Les gros rochers rouges de l’île de Cornuta et la petite île de San Ciprianu nous entouraient et ont donné un but à atteindre en canoë pour les plus grands entre deux plongeons dans les eaux claires et chaudes de la baie.

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La gestion de 11 personnes à bord de Liladhoc était une grande première – vue son jeune âge – et la bonne humeur a fait le reste !
Bonne continuation à toute la famille et rendez-vous en 2014 pour un retour en Corse pour un programme randonnées au cœur de La Corse avec vous !

Bonifacio, Corse

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Bonifacio, Corse le 7 août 2012

Avant d’arriver sur Bonifacio, nous avons choisi un mouillage paradisiaque dans le golfe de Roccapina, grande baie au sud-est de Mortoli et à une vingtaine de kilomètres au sud de Sartène. Nous sommes partis avec un vent de nord- ouest force 3 sous gennaker et à partir de la pointe de Senetosa, le vent a tourné de face et nous avons dû rouler le gennaker et avons fini avec deux ris par force 5/6. Roccapina est une plage longue et large, bordée d’une série de rochers dont l’un ressemble à un lion couché, qui s’ouvre sur une eau couleur turquoise. Des dames au chapeau discutent en italien, assises tranquillement sur des chaises de camping provenant d’un très beau yacht qui mouille au large.
Une forêt de genévriers recouvre les dunes de sable clair et Mathis grimpe comme un vrai petit singe sur les troncs tortueux. L’endroit est tellement apaisant et quasiment désert que nous décidons d’y passer la nuit, malgré l’annonce VHF de fortes rafales en cours de nuit.
Nous avons senti le souffle d’Eole, mais rien de bien méchant.

Le lendemain, nous avons atteint Bonifacio par une force 2/3 en 2 heures environs.
Bonifacio est un miracle de l’homme et de la nature réunis ! Le port est situé au fond d’une calanque longue de 1,5 km, difficile à voir depuis la mer avant d’en être tout proche. L’entrée au port restera pour nous un grand moment d’émerveillement et de stress : on est tenté de se dévisser la tête de droite et de gauche pour ne rien râter de ces falaises crayeuses, taillées par le vent et les embruns, au sommet desquelles les gênois ont construit une ville fortifiée et de rester malgré tout très vigilant à notre navigation avec les ferries, les bateaux d’excursion et les yachts à la James Bond qui vont et viennent constamment. Notre petite incursion dans ce port extraordinaire a été de courte durée car la capitainerie nous annonce qu’il n’y a pas de place pour nous. Les réservations au port ne sont possibles qu’à partir de 20 mètres de long de toute façon. Bon, on a compris, on ne fait pas partie de la horde de bateaux de milliardaires (beaucoup trop de bateaux à moteur, pas assez de beaux voiliers à notre goût ), qui trônent face aux quais, avec équipage à disposition ! Nous ressortons donc du port, toujours aussi subjugués par cet environnement, et allons ancrer dans la baie la plus proche, l’anse de Paragnano. Le snorkelling a été notre principale activité de l’après-midi et les sars et concombres des mers nous ont bien amusés ! Nous avons longé en fin de soirée les falaises calcaires en annexe et avons pénétré la « grotte du dragon » dont l’ouverture de son plafond ressemble à la carte de Corse ! Nous avons accosté au port de Bonifacio en suivant, non s’en se faire un peu chahuter par les vagues des rafiots à moteur qui ne semblent pas prêter attention aux annexes ( même jaune canari ! ). Nous avons flâné dans la ville haute et la marina avant de retourner à notre mouillage à l’ouest du port vers 20h30. Et là, qu’elle surprise de voir notre Liladhoc au milieu de l’anse, attaché par un long cordage à un autre bateau !!! Notre Cata avait dérapé pendant notre escapade à terre ! Le propriétaire du bateau nous a expliqué que notre Cata avait dérapé jusqu’à 1,5 m des rochers et qu’il était parvenu tant bien que mal à le récupérer à temps, en cassant tout de même un de ses hublots ! Le capitaine a remercié le monsieur corse avec une bonne bouteille de Bordeaux et un chèque pour payer la réparation du hublot ! Mais quel soulagement de retrouver notre Liladhoc entier ! Leçon du jour : se méfier des vents tournants et des rafales récurrentes dans les bouches de Bonifacio ! Il est vrai que le vent souffle 300 jours de l’année par ici …
Après toutes ces émotions, nous avons dormi en gardant un œil sur la distance du bateau à la côte toute la nuit.
Le lendemain, nous avons tenté une nouvelle entrée au port avec Liladhoc et avons trouvé une place dans la calanque de La Catena, à l’entrée du port, où nous avons amarré sur corps-mort avec pendilles. Et quelle surprise de voir, juste à côté de nous, des charmantes connaissances en vacances sur un monocoque ! C’est avec grand plaisir que nous avons fêté cette rencontre inopinée et bienheureuse par un apéro suivi d’un bon déjeuner avec nos hôtes Gwenaëlle, Hervé et leurs charmantes têtes blondes Adrien et Élise.

Nous sommes ensuite partis dans la Ville Haute, découvrir d’un peu plus près, et l’esprit plus serein quant à l’emplacement de Liladhoc, la cité fortifiée ( montée du col St Roch, sentier longeant les falaises jusqu’au phare de Pertusato, la vieille ville avec la porte de Gênes, le bastion de l’étendard, l’église Sainte-Marie-Majeure, l’escalier du roi d’Aragon etc.). Nous avons aimé nous attarder dans les ruelles étroites qui montent et qui descendent avec leurs maisons hautes aux persiennes entrouvertes. Tout est charmant dans la vieille ville et le retour sur la marina jet-set tranche avec la simplicité des hauteurs.

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Campomoro, Corse

Campomoro, Corse le 4 août 2012

Quelques jours avant … Nous avons quitté Cargèse par mer belle, sous gennaker, avec juste ce qu’il faut de vent pour avancer tranquillement à 7/8 nœuds et un grand ciel bleu qui ne nous quitte pas depuis notre arrivée sur l’île de beauté.
Après une pause déjeuner et plongeon obligatoires dans la baie de Stagnoli, les vents légers nous ont poussés jusqu’aux Iles Sanguinaires, au nord de l’entrée du golfe d’Ajaccio. Que de beauté !!! Les îles sont inhabitées, sauf par les oiseaux ! Il paraît qu’Alphonse Daudet a fait des îles Sanguinaires le cadre d’une de ses nouvelles ! Nous sommes montés jusqu’au phare blanc de la plus grande d’entre elles, la Grande Sanguinaire. La vue sur les autres îles et sur le golfe d’Ajaccio est fabuleuse. Tous mes hommes ont fait la course dans la rocaille jusqu’au phare pour se défouler.
Au coucher du soleil, les îles ont pris un reflet rougeâtre et nous les avons quittées presque à regret pour nous diriger vers la civilisation.

Situé au fond du golfe d’Ajaccio, le port d’Ajaccio est grandiose, divisé en 3 bassins, un destiné aux bateaux de commerce, un autre pouvant accueillir des bateaux de croisière immenses et un troisième pour les plaisanciers (ce qui ne veut pas dire forcément « petits bateaux » compte tenu de la taille de certains yachts et goëlettes !). Nous avons pu ancrer à côté du port et avons rejoint le quai en annexe. Ajaccio, capitale oblige, est bruyante et c’est un choc après le calme des petits mouillages de la côte ! Nous avons arpenté les rues sous la chaleur et le brouhaha ambiant en nous imprégnant des rues de la vieille ville qui rappellent l’Italie, le linge qui sèche sur les balcons, les maisons colorées. Napoléon est omniprésent, une statue par-ci, le nom d’une rue, d’un restaurant, d’un hôtel, d’une place, d’un cours par-là, la maison Bonaparte où il vit le jour peut se visiter aussi, mais nous avons préféré sans regret découvrir le musée d’Histoire de la Corse. Une bonne entrée en matière pour qui veut connaître l’île et sa culture ! On y apprend, par exemple, que les premiers peuplements de l’île remontent sans doute au XII ème millénaire av. J.-C., que la Corse connut son heure de gloire anglaise et que plus récemment la résistance corse pendant la 2ème guerre mondiale fut efficace et courageuse face à l’ennemi nazi. Beaucoup de maquettes, d’objets, d’uniformes illustrent les grandes périodes pour la plus grande joie de Yohan qui pensait à son grand-père « qui construit des maquettes aussi, mais que de bateaux !!! »
Nous pensions naïvement pouvoir louer une voiture quelques jours sur Ajaccio pour visiter l’arrière-pays, mais …c’est donc vrai, nous ne sommes pas tous seuls et tout est complet ! Tant pis, il fait de toute façon très chaud et l’envie de retourner au bateau et de partir nous rafraîchir dans une petite crique est la plus forte ! Pour les Pinzutu que nous sommes, rien de mieux que le snorkelling et les découvertes gastronomiques pour se réconforter (Clément est un adepte des canestrelli aux amandes et des bastelles !).
Après une nuit tranquille à côté du port, nous avons levé l’ancre le lendemain matin pour Propriano, après une halte qui nous tient à cœur à savoir la halte pause déjeuner et plongeon dans l’anse de Cacalu ( magnifique, avec sa tour gênoise au dessus des masses rocheuses et des montagnes couvertes par le maquis odorant !). Rien de spectaculaire à Propriano même, mais les montagnes rocheuses et les belles plages de sable fin autour comme celle de Porto-Pollo ainsi que l’arrière-pays – que nous ne pouvons visiter faute de voiture ! – valent une halte, ne serait-ce que pour le ravitaillement de l’équipage, de vrais estomacs sur pattes.
Dans les environs de Propriano, se trouve Campomoro. Nous y avons passé une journée et une nuit. C’est un charmant village, situé dans le golfe de Valinco, sur un site protégé. L’anse est bien abritée et la plage de sable fin est très belle. Pas de marina, pas d’immeubles, que de jolies maisons disséminées sur les collines. Les poissons sont nombreux pour notre plus grande joie et la balade sur le sentier du littoral agréable. Comme si la journée n’avait pas été assez dense en activités, l’équipage masculin de Liladhoc a terminé la soirée en jouant au football sur la plage avec d’autres enfants.

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